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 Arrivée nocturne et pluvieuse

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Fleur de Montauban

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Date d'inscription : 08/03/2011

MessageSujet: Arrivée nocturne et pluvieuse   Dim 13 Mar - 4:28

D'un pas lent, comme pour retarder encore un peu plus l'inévitable moment ou elle devrait se résigner à pénétrer définitivement à l'intérieur du pensionnat, Fleur gravit l'escalier qui menait à la porte d'entrée, marche après marche. Malgré son assurance et sa résignation évidente, la jeune adolescente ne pouvait s'empêcher de se demander comment sa vie allait se passer ici, en ce pays qui lui était totalement inconnu, et dont elle maitrîsait juste assez la langue pour pouvoir comprendre et se faire comprendre. Est-ce que elle arriverait à suivre les cours, sachant que les enseignants parleraient sans doute avec une grande vitesse..? D'après le peu de cours qu'elle avait eu depuis son adoption récente, Fleur avait remarqué une chose... Les professeurs s'exprimaient tous avec rapidité. Sans doute, était-ce normal... Qu'en savait-elle en fin de compte..?

Arrivée en haut de l'escalier, Fleur pénétra dans le majestueux bâtiment à la suite du cocher et de son aide, qui transportaient ses malles.Ces derniers déposèrent celles-ci dans le hall, et la saluèrent très aimablement avant de se détourner en direction de la sortie. Fleur les arrêta d'un mot, leur demandant d'attendre, puis elle sortit une bonne poignée de pièces qu'elle divisa en deux afin de rémunérer chacun des deux hommes pour leur aide. Ceux-ci écarquillèrent légèrement les yeux en constatant la somme importante offerte, mais ils l'acceptèrent et la remercièrent encore un peu plus avant de quitter définitivement les yeux. L'adolescente avait-elle trop donné..? Ma foi, elle savait que le travail était une chose pénible pour l'avoir elle-même expérimentait, et selon elle leur peine méritait bien une telle somme.. Après tout, sa mère adoptive avait tellement rempli ses malles à ras bord, que ces dernières devaient surement peser très lourd.

Fleur se retourna ensuite en direction de l'immense hall qui lui arracha un regard rempli d'admiration devant tant de magnificence. Les autres pensionnaires devaient surement avoir l'habitude de tous ce luxe et ce décorum, mais pour elle c'était une chose totalement nouvelle et elle devait bien s'avouer que tout ceci était vraiment très beau. Trop beau même, et elle considéra alors soudainement que tous ce luxe était bien inutile... Les lumières éclairaient-elles avec plus d'intensité, avec de l'or..? Non, bien sur que non... Tout ceci n'était que esbroufe, et Fleur ne se conduirait pas aussi bêtement que tous ces aristocrate guindé. Fleur se dirigea vers la plus grande de ses malles et y déposa délicatement son séant afin de se reposer. le voyage avait été long depuis la France, et l'adolescente devait bien avouer une certaine lassitude qui lui envahit tout le corps.

Hélant une personne pouvant éventuellement l'accueillir. Fleur sourit alors intérieurement... Si cela ne tenait que à elle, cela ferait longtemps qu'elle aurait trainer ses malles jusqu'à sa chambre. Malheureusement, elle ignorait ou cette dernière se trouvait. Débrouillarde et toujours prête à profiter de la moindre occasion afin d'agir à sa guise, Fleur se promis d'aller elle-même se chercher une chambre, si personne ne répondait à ses appels...
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Amrit McStone

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MessageSujet: Re: Arrivée nocturne et pluvieuse   Lun 14 Mar - 12:25

Cette soirée-là, Amrit l’avait passée dans les écuries du domaine : Les domestiques s’y connaissaient apparemment en canassons, mais semblaient n’avoir aucune compétence particulière en fauconnerie, aussi Amrit s’était-il astreint à s’occuper lui-même du changement de litière de son animal, de son alimentation, de l’entretient de son plumage… Bref, de tâches dignes d’un garçon de ferme…
Ce travail le mettait toujours dans un état épouvantable : Souliers et mains crottés, cheveux emmêlés et plein de poussières, sans parler de l’état de ses vêtements !
Aussi avait-il décidé de dédier ses soirées à cette occupation, afin de pouvoir rentrer au domaine sans croiser de flâneurs (Quelle honte ça aurait été, d’être vu dans cet état !), de prendre aussitôt un bain bien chaud, puis de se coucher tout aussi rapidement, parfois avec un bon livre.
Il savourait déjà mentalement ce programme en montant les marches menant à la grande porte d’entrée… C’est donc complètement perdu dans ses pensées qu’il pénétra dans le hall, et se retrouva nez-à-nez avec une demoiselle, assise sur une grosse malle et qui semblait attendre quelque chose ou quelqu’un…
Surpris par cette apparition, Amrit resta bouche bée un instant, avant de se reprendre, et d’esquisser une brève révérence en murmurant « Mademoiselle... »
Se faisant, il baissa les yeux vers ses pieds, et remarqua d’autant plus l’aspect repoussant de ses chaussures et de son pantalon. Quelle horreur : Ainsi arrangé, il devait avoir l’apparence d’un larbin ! Amrit commença à rougir, sans oser relever les yeux vers sa locutrice...
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Edward Craig

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MessageSujet: Re: Arrivée nocturne et pluvieuse   Lun 14 Mar - 20:54

    La journée, Edward l'avait passée le nez dans ses livres, comme presque tous les jours. Il ne s'en lassait jamais, il avait soif d'apprendre, soif de savoir et ne semblait même jamais en avoir assez. Il n'éprouvait par ailleurs nullement le besoin de se mêler aux autres pensionnaires. Pour quoi faire ? Pour se perdre en faux sourires, courbettes et paroles hypocrites ? Non merci. Certes, il était issu de la noblesse, comme la plupart des gens ici, mais toutes ces manières, tous ces préceptes l'avaient toujours assez répugné. Ainsi, il préférait passer son temps seul plutôt que de dire certaines choses qui ne plairaient pas à tout le monde. Et puis, il avait toujours été de nature solitaire, de toute façon.

    Bien sûr, lorsqu'on lui parlait ou lorsqu'on lui demandait un service, il se montrait parfaitement aimable et il était prêt à aider cette personne dans la mesure du possible et s'il estimait que cette aide était légitime. Mais il n'était pas un preux chevalier en armure blanche pour autant. Il ne fallait pas s'y méprendre ! Quoiqu'il en soit, après avoir passé de longues heures à lire, il avait finalement eu envie de se dégourdir un peu les jambes et de respirer un peu d'air frais. Ce fut donc en début de soirée - lorsque le soleil commençait à se coucher - qu'il revêtit son long manteau noir et qu'il prit la direction de la sortie.

    Il aimait flâner dans les allées des jardins de l'établissement, même en cette période où rien ne fleurissait. Il avait toujours trouvé cela fascinant d'observer la nature au fil des saisons. Un paysage pouvait changer du tout au tout selon la saison, devenant accueillant, voire magnifique, au printemps pour se transformer en lieu désert, froid...une fois l'automne, puis l'hiver arrivés. C'était comme quand on observait un lieu de jour et de nuit. C'était totalement différent alors qu'il s'agissait toujours du même endroit. Mais ne nous égarons pas.
    Le jeune anglais avait donc fait une petite balade dans le parc et au retour, il aperçut une calèche au loin. Sans doute un nouveau pensionnaire.

    Il n'y prêta pas plus d'attention que cela et rentra tranquillement, sans se soucier de la pluie qui avait commencé à tomber. Il n'était pas en sucre non plus et il trouvait d'ailleurs la réaction de la plupart des gens risible lorsqu'ils se mettaient à courir pour se mettre à l'abri au plus vite dès qu'ils sentaient une petite goutte de pluie.
    Lorsqu'il arriva devant les escaliers, il ne put s'empêcher de froncer les sourcils en voyant des traces de pas boueuses qui menaient à l'intérieur. Les domestiques n'allaient pas être contents ! Bah, ce n'étaient pas ses affaires, après tout.
    Bref, il ouvrit la porte du hall et se retrouva bientôt devant une scène pour le moins étrange ! Une jeune fille inconnue était assise sur une malle, au milieu du hall, tandis qu'un jeune homme couvert de boue se tenait non loin d'elle. Après une observation plus méticuleuse, il reconnut Amrit, un pensionnaire qu'il avait rencontré à son arrivée ici. Que diable faisait-il ainsi couvert d'un tas de saletés ? De plus, il ne dégageait pas forcément une odeur très agréable...

    "Bonsoir..."

    Il s'approcha tout d'abord de la jeune fille et s'inclina poliment devant elle en lui faisant un baise-main comme il était de coutume de le faire.

    "Bienvenue à Rose Blume. Je me nomme Edward Craig, enchanté, gente dame."

    Il avait accompagné ses paroles par un charmant sourire dont lui seul avait le secret. Oh, bien sûr, il détestait ce genre de manières au fond, mais d'un autre côté, ça l'amusait assez de se comporter en parfait gentleman.
    Il lâcha la main de la demoiselle et se tourna enfin vers Amrit, prenant un petit air - faussement - outré.

    "Amrit ! N'avez-vous donc pas honte de vous présenter ainsi devant une dame ?"
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Fleur de Montauban

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MessageSujet: Re: Arrivée nocturne et pluvieuse   Mar 15 Mar - 13:56

En dépit de ses appels, certes, sans doute un peu trop policé pour être efficace, nul domestique ne vint à sa rencontre. Bien sur, elle aurait pu crier de toutes ses forces comme elle en avait pris l’habitude en vivant parmi la populace de Paris et ainsi réveiller toute la maisonnée, mais elle avait préféré s’en abstenir afin de ne pas donner une mauvaise image de celle qui s’était mise en tête la sotte idée de l’adoptée alors qu’elle allait finir emprisonnée pour, sans doute, le restant de sa vie. Fleur se moquait bien de la réputation d’un noble, mais Sophie de Montauban était plutôt gentille avec elle et l’adolescente n’avait pas un fond aussi mauvais que ce que certains pourraient s’imaginer. De faire honte à sa bienfaitrice, il n’est était donc définitivement pas question… Surtout pas, le soir même de son arrivée dans ce lieu puant de suffisance et de décadence typiquement aristocratique.

Cela étant dit, elle ne comptait pas passer la nuit dans ce hall désert et, durant un moment, elle se demanda si elle n’allait pas devoir effectivement traîner elle-mêmes ses deux lourde malles jusqu’à une chambre dont elle ne connaissait toujours pas l’emplacement. D’ailleurs, en y songeant bien elle ne connaissait absolument pas le moindre détail de l’architecture de cette immense mais néanmoins magnifique bâtisse. Bien que le spectacle d’une adolescente, en toilette précieuse et soignée et avec des rubans dans les cheveux virevoltant, en train de traîner ses lourdes malles à travers les couloirs puissent être d’un risible absolue, Elle n’hésiterait pas un instant à le faire. Après tout, ce ne serait pas la première fois qu’elle transporterait des choses aussi lourde… Contrairement à son apparence, Fleur n’était pas une de ces poupées de porcelaines à peine capable de soulever leur tasse de thé sans émettre un soupir d’épuisement.

C’est alors qu’il apparu… Sale, crotté… légèrement nauséabond… Enfin, un peu plus que légèrement tout de même, même si ce n’était pas la pire des odeurs que l’ancienne adolescente des rues ai pu sentir au cours de son existence. Quoi qu’il en soit, sa venue soulignait le fait que, finalement, son appel de jeune demoiselle aristocratique en détresse avait porté ses fruits, puisqu’un domestique venait d’apparaître devant elle. A la vue de son apparence, sans doute venait-il de terminer une tâche à l’extérieur du château. Il la salua d’un mot, sans doute habitué à le faire en un réflexe purement Pavlovien. Fleur s’apprêtait à lui répondre à son tour, lorsque la porte d’entrée de la bâtisse s’ouvrit une nouvelle fois afin de laisser apparaître un second garçon. Celui-ci en revanche, ne laissait planer aucun doute sur sa déplaisante nature noble. Prestance, droiture… Avec une pointe de suffisance qui incommoda les sens de l’adolescente mais qui jugea préférable de se taire en songeant que, de toute façon, tous les autres pensionnaires de ce pensionnat seraient de toute façon dans le même cas que ce nouvel arrivant… Cela allait être son monde désormais, alors autant qu’elle prenne sur elle et qu’elle s’y habitue des maintenant.

Celui-ci la salua à son tour, mais de façon bien plus courtoise que le domestique arrivé en premier lieu. Plus de doute possible, il n’y avait qu’une noble pour être aussi mielleux. Ce dernier avait toutefois une légère pointe d’accent que Fleur mit un peu de temps à reconnaître… Un anglais.. ? Sans doute, elle en avait déjà entendu s’exprimer à Paris et cela y ressemblait fortement. Bien… Elle devait donc le saluer à son tour, tout en utilisant les codes que lui avait apprise sa mère adoptive. Fleur se courba légèrement après que Edward lui ai fait un baise main, puis elle lui répondit à son tour :

‘’Enchantée de vous rencontrer monsieur Craig, je m’appelle Fleur…’’

L’adolescente marqua un temps d’arrêt comme si sa phrase était terminée, puis soudain elle reprit dans un soupçon d’empressement…

‘’… De Montauban… Fleur de Montauban…’’

Heureusement, elle avait pu se rattraper avant de commettre une faute irréparable… Les nobles aimaient bien se présenter en donnant leur nom aussi long que la queue d’un serpent… Mais… Ne devait-elle pas poursuivre, en donnant son titre.. ? Ou plutôt celui de sa nouvelle mère, car elle n’arrivait pas encore à considérer ce dernier comme étant aussi le sien désormais. Son interrogation demeura toutefois en suspens, car Edward s’adressa au domestique de telle manière que Fleur compris immédiatement son erreur de jugement à l’égard de ce dernier. Ainsi, il était aussi un des pensionnaires de Rose Blume.. ? Le regard de l’adolescente s’écarquilla légèrement dans un soupçon d’incrédulité…

‘’Je pensais que c’était un domestique qui avait répondu à mon appel.’’

N’hésita-t-elle pas à dire en toute franchise, ne songeant pas un seul instant qu’elle pourrait vexer le principal concerné par sa remarque… Elle, en tous cas, ne s’offusquerais pas de ce genre de quiproquo.

‘’Je m’étonnes que les prestigieux pensionnaires de cet endroit soit ainsi autorisé à se répandre dans la fange, alors qu’il m’a été dit que ce pensionnat était réservé à l’élite de la noblesse européenne.’’

Ajouta t’elle encore, véritablement surprise par tout ceci. Un moment, le doute s’insinua dans l’esprit de l’adolescente… Est-ce que ce noble anglais et maniéré, n’était pas en train de se moquer d’elle.. ? Gare à lui, si la pensée de la jeune fille s’avérait exact.
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Amrit McStone

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MessageSujet: Re: Arrivée nocturne et pluvieuse   Mar 15 Mar - 14:45

Amrit s’était rarement senti plus gêné qu’en cet instant précis !

Cependant, ce n’était pas tant le fait d’être vu dans cet état pitoyable qui le faisait rougir, mais plutôt les remarques implacables des deux jeunes aristocrates… Jamais il n’avait été à ce point humilié, car, en effet, les manières et les apparences avaient bien moins d’importances en Ecosse, et, surpris en pareille posture dans son pays, on se serait plutôt inquiété pour sa santé…
Amrit eut un faible pincement au cœur à cette pensée, mais il se reprit aussitôt et entreprit de s’excuser :
« Mademoiselle de Montauban, je suis sincèrement navré d’apparaître de la sorte devant vous. Je n’ai aucune justification valable, si ce n’est que je reviens des écuries et que j’ai été surpris par la pluie. »

Il jeta un bref coup d’œil à l’anglais, qui revenait aussi du dehors, mais que le climat ne semblait pas avoir atteint. De toute évidence, ce jeune homme avait passé sa vie dans le luxe et le soin, sans jamais qu’une poussière ne le frôle… Les manières d’aristocrates étaient pour lui une seconde nature, et l’élégance, un état de fait… Il y a des gens comme ça…

Amrit l’ignora, et s’adressa derechef à la jeune française :
« En guise d’excuse, permettez-moi d’aller vous chercher un domestique, comme vous le souhaitiez ? »

Voilà, un parfait échappatoire : Amrit allait se rendre aux cuisines, où il ne doutait pas de trouver Herr Vettel, le majordome, qu’il enverrait s’occuper de ces deux nobles dédaigneux. Avec un peu de chance, il trouverait également cette charmante petite employée qui faisait la meilleure tisane au miel de tout Rosenschloss. Peut-être pourrait-il alors se remettre, tranquillement, de cet épisode navrant...
Après quoi, il lui suffirait de poursuivre ses études en espérant ne jamais plus croiser ni cette française hautaine, ni cet anglais dédaigneux.
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Edward Craig

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MessageSujet: Re: Arrivée nocturne et pluvieuse   Dim 20 Mar - 4:01

    Le monde dans lequel les pensionnaires évoluaient était avant tout un monde de faux-semblants, un monde régi par l'hypocrisie et les faux sourires. C'était ainsi et ça l'avait toujours été. Et même si certains vouaient un véritable dédain à toutes ces personnes, cela n'y changeait strictement rien. Il fallait "jouer le jeu" pour être bien vu, pour ne pas risquer de perdre son statut dans le pire des cas...bref, ce n'était en fait qu'une mascarade géante. Et Edward était l'un des acteurs de cette mascarade. Toutefois, il ne fallait absolument pas croire qu'il était vraiment ainsi et qu'il se comportait de la sorte du matin au soir et envers tout le monde.

    Quoiqu'il en soit, mieux valait se montrer poli et tout ce qui allait avec lors d'une première rencontre car le moindre faux pas pouvait coûter cher et surtout, cela pouvait gravement nuire à la réputation d'une personne. Non pas qu'il se souciait vraiment de sa réputation... il était là depuis peu et n'en avait pas encore vraiment - ou du moins, pas à sa connaissance. Bref, il avait donc salué la nouvelle arrivante qui se présenta ensuite sous le nom de Fleur. Il avait à peine écouté son nom de famille, tant il était charmé par son prénom. Enfin..."charmé" était un bien grand mot, disons qu'il appréciait ce prénom. Après les présentations, il s'était tourné vers Amrit, qui ressemblait bien plus à un garçon d'écurie qu'à autre chose à cet instant, et l'avait réprimandé. Mais au fond, ça l'amusait assez de voir qu'un pensionnaire issu de la noblesse n'avait pas peur de se salir les mains.

    "Ne vous en faites donc pas, Amrit. Ce sont là des choses qui arrivent...Et puis, je trouve cela plutôt amusant de voir que vous n'avez pas peur de vous salir les mains. Toutefois, vous devriez vraiment aller vous laver et vous changer..."

    Il se tourna à nouveau vers Fleur et contempla un instant les bagages de cette dernière. Elle ne voyageait pas léger, c'était certain. Mais en même temps, c'était un peu le cas de tout le monde ici.

    "Vous avez un très joli prénom, Fleur. Vous attendiez donc un domestique ? Pour vous aider à porter vos affaires, je suppose ? Si ce n'est que ça, je me ferais un plaisir de vous prêter main forte. Bien que je ne sois pas un domestique, cela va de soi."

    Il lui adressa un petit sourire légèrement amusé car il imaginait déjà la réaction de la jeune fille. Un "noble pensionnaire" se proposait de lui porter ses affaires ? Bah, pourquoi pas, après tout ? Ce n'était pas comme s'il avait peur de se casser un ongle ou de faire un petit effort.

    "J'ignore si nous sommes autorisés à traîner ainsi dans les écuries, mais je vous avouerai qu'il m'arrive souvent de m'y rendre aussi et de m'occuper des chevaux. Vous n'êtes donc pas seul, Amrit. Cependant, je fais toujours attention à ce que l'on ne me croise pas au retour !"

    Il ne disait pas ça pour rassurer son camarade, c'était la stricte vérité ! Il avait peut-être l'air distingué, un peu coincé et tout ce qu'on voulait, il n'avait pas peur de l'effort ni peur de se salir, bien qu'il n'aimait pas beaucoup la saleté. Étrange paradoxe.

    "D'où venez-vous, Fleur ? Enfin...si je puis me permettre de vous appeler par votre prénom..."

    Après tout, tout le monde n'aimait pas ce genre de familiarité dès le début, alors mieux valait s'en assurer.
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Fleur de Montauban

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MessageSujet: Re: Arrivée nocturne et pluvieuse   Ven 25 Mar - 12:34

Premier constat de la soirée, après avoir rencontré deux personnes présente dans ce pensionnat lugubre… Fleur en avait apparemment amusé un qui s’était joué d’elle, tandis qu’elle avait plus ou moins outré l’autre en le prenant immédiatement pour un domestique. Pour sa défense cependant, il fallait toutefois bien avouer que le dit concerné ne l’avait pas vraiment aidé à la détromper avec son allure de garçon d’écurie. Celui-ci sembla le prendre avec un certaine recul, même si au fond l’adolescente avait plutôt l’impression qu’il faisait bonne figure en ne lui reprochant pas ouvertement son erreur. Quoi qu’il en soit, elle venait de faire une belle erreur et sa mère adoptif aurait sans doute été déçue de ce manque de jugement de sa part. Mais là encore pour sa défense, elle n’avait jamais vu de sa vie un aristocrate mettre les mains dans le crottin de cheval et en être, apparemment, plutôt fier.

Celui-ci, sans doute bien trop éduqué pour envoyer en pleine face de la jeune fille ce qu’il pensait vraiment de sa méprise, somme toute assez insultante pour lui, fit mine de ne pas vraiment s’en offusquer mais quitta cependant très rapidement les lieux en prétextant le fait de vouloir aller chercher un véritable domestique afin de porter les malles de Fleur dans sa chambre, après lui en avoir demander la permission que l’adolescente lui accorda bien volontiers. Une chambre, dont d’ailleurs elle ignorait encore l’emplacement. Elle regarda Amrit s’éloigner en direction d’une porte, puis elle reporta toute son attention sur le noble qui, lui, ressemblait vraiment à l’archétype de l’aristocrate méprisant dans toute sa splendeur.

Bien, désormais il n’était plus question pour Fleur, de commettre le moindre impair…

Lorsque Edward lui proposa de l’aider à porter ses malles jusque dans sa chambre, l’adolescente marqua un temps d’arrêt… Non, il devait encore se moquer d’elle, c’était certain… Elle s’était laissé leurrée pour le garçon d’écurie, mais cela n’arriverait plus, foi de Fleur ! A sa généreuse proposition, elle lui répliqua alors :

‘’C’est très aimable à vous monsieur Craig, mais puisque monsieur Mc Stone est parti chercher des domestiques pour ce faire, il vous est donc inutile de vous abaisser à ce genre de tâche pénible.’’

Oui, voilà… C’était certainement ce qu’il fallait répondre, sans pour autant le traiter de sale menteur d’aristocrate avant de lui montrer que sa naissance fortunée ne l’autorisait pas à se moquer ainsi des autres pour son propre amusement. Ne pas faire honte à sa bienfaitrice, voilà ce que l’adolescente devait bien garder en tête… Après l’avoir remercier pour le compliment sur son prénom, en effet fort joli ma foi, elle lui répondit :

‘’Vous pouvez m’appeler Fleur, monsieur Craig, cela ne me pose aucun inconvénient. Pour répondre à vôtre curiosité, je viens de France… De Paris plus précisément. Mais vous-même, vous devez venir d’Angleterre si j’en crois votre patronyme n’est-ce pas.. ? cela fait-il longtemps que vous êtes un résident de ce pensionnat.. ? Pour ma part, j’avoue que je n’en connais que très peu de chose en vérité… Qui le dirige précisément.. ?’’

Voilà… Reprendre doucement mais sûrement la main, en passant de l’interrogée à l’interrogatrice… Après tout, c’était vrai qu’elle ne connaissait rien de ce fameux pensionnat Roseblume, si ce n’était le fait qu’il était la référence européenne en terme d’éducation aristocratique et, accessoirement, un endroit ou les parents envoyaient leur progéniture afin de les faire se rencontrer en vue d’un futur et très intéressé mariage. Pour sa part, Fleur se contentera de l’éducation, assurément.
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Amrit McStone

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MessageSujet: Re: Arrivée nocturne et pluvieuse   Ven 25 Mar - 17:25

Dès que Fleur eut accepté que Amrit quitte les lieux, celui-ci tourna les talons pour se diriger vers les cuisines, ou on trouvait toujours des domestiques de libre, en promettant à voix basse de faire vite.

Le discours de l’anglais l’avait profondément agacé : Ainsi, il trouvait Amrit « amusant » ? Vraiment ? Mais pour qui se prenait-il ?
La française, c’est vrai, l’avait quelque peu insulté, mais sans le faire exprès, apparemment. Amrit avait surgi du dehors, sale et trempé, et elle avait conclu qu’il était un domestique. Comme il arrive souvent aux femmes, elle avait parlé sans réfléchir au préalable, et puis voilà. Non pas que les femmes agissent de la sorte vraiment plus souvent que les hommes, mais on avait appris à Amrit qu’il fallait d’avantage pardonner ce genre de comportement à la gente féminine. Une fois la honte et la surprise passées, Amrit avait donc décidé d’excuser la jeune fille.
Edward Craig en revanche… Il avait beau tenter de se montrer poli et compréhensif (en racontant, par exemple qu’il lui arrivait également de sortir de son petit univers propret), Amrit aurait du mal à endurer sa proximité à nouveau. Enfin, mieux valait ne pas montrer d’animosité, surtout devant une jeune fille, surtout quand on était en tord, et surtout quand son adversaire mesurait une tête de plus…

En s’éloignant, Amrit continua d’écouter d’une oreille distraite ses deux camarades discuter. Il se figea sur place quand il entendit Edward proposer à Fleur de l’aider à monter ses affaires dans ses apartements. Quel toupet ! Alors qu’il faisait presque nuit, il suggérait d’accompagner une jeune fille dans sa chambre ! Ah, il pouvait reprocher à Amrit ses mauvaises manières, mais il ne faisait pas mieux, apparemment !
En soupirant, il reprit toutefois sa route vers les cuisines…
Son père l’avait prévenu : ce pensionnat mixte avait pour but officieux de rassembler des jeunes gens de bonne condition, afin de permettre aux bourgeois de s’anoblir, et aux nobles de s’enrichir en évitant la consanguinité. Lord McStone avait été très clair sur le sujet : Interdiction formelle de s’encanailler, même avec une princesse. Sa future femme serait choisie par son père, et elle serait très bien. Certainement que Monsieur Craig avait reçu d’autres directives…

[Si vous voulez, je vous laisse pour l’instant, et je repasserais sur le sujet plus tard… Ou pas, selon ce qui vous arrive…]
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le Maitre des Roses
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MessageSujet: Re: Arrivée nocturne et pluvieuse   Mar 29 Mar - 22:32

[Hufufu… On a besoin de moi ? Non ? Et bah je viens mettre mon grain de sel tout de même !]

    Elle se faufilait telle une petite souris grise, regardant de droite à gauche dans le souci de repérer le danger avant que celui-ci ne la repère. Elle longeait le mur, rayant presque la tapisserie au passage. Elle ne craignait en réalité pas grand-chose, si ce n’est une rencontre fortuite avec Fraülein Drachen ou pire… Herr Vettel ! Herk ! Ce grand type lui donnait la chaire de poule avec ses allures de croque mort ! En plus il se montrait tout le temps si désagréable… Elle afficha une petite moue sur sa jolie frimousse encadrée de boucles blondes. Bon ! Elle continua d’avancer, frôlant toujours le mur. Il va de soi qu’elle ne portait aucune lanterne ou autre source de lumière. A cette heure ci, elle ne devait plus errer dans les couloirs et devait rester enfermée dans sa chambre. Enfermée avec Sarah ! Tu parles d’une punition ! Non seulement celle-ci avait le double de son âge, une vieille fille quoi, mais en plus était ennuyeuse au possible et s’était déjà endormie. Enfin… s’il n’y avait eu que ça, mais en plus elle ronflait ! Et fort s’il te plait !
    Donc l’adolescente de 13 ans, Elke Kuntz, se retrouvait contrainte à faire le mur afin d’échapper à l’horrible supplice sonore. Et hop ! Elle se faufilait donc tout naturellement aux cuisines, endroit chaud et où elle trouverait sans doute de quoi grignoter… Une bonne part de gâteau au chocolat… Rien qui d’y songer, elle en avait l’eau à la bouche ! Mais gloups ! Du bruit ! Quelqu’un arrivait !

    Et voila notre petite Elke qui s’arrêta brusquement, muscles tendus, prête à bondir de côté pour se cacher au besoin, enfin après être sorti de son état de pétrification. Son cœur battait la chamade, elle vit une silhouette se découper dans le couloir en provenance du grand hall. Elle expira de soulagement ! Ce n’était qu’un garçon d’écurie qui venait tout droit dans sa direction. Nan mais attendez… C’était quoi ça ! Mais il allait tout salir comme ça ! Et puis de quel droit il mettait les pieds dans le bâtiment ! Il devait rester aux écuries non ? Elle se dirigea à grand pas vers lui, lui empoignant le bras au passage et l’attirant près d’un mur.

    « Hey toi ! » fit elle à voix basse. « Tu veux te faire chopper par le Dragon ou le croque mort ou quoi ! Qu’est ce que tu fiches ici d’abord ! Et en plus dans cet état ! »

    Elle prit soudain un air écoeuré au possible et en oublia de parler a voix basse. On pouvait donc l’entendre depuis le hall.

    « Mais ma parole ! Tu empestes ! C’est ignoooble ! Mais c’est pas possible, vous faites quoi aux écuries !?! Vous vous roulez dans la boue ou alors tu t’es fais bizuter… Oh nan ! Ah mon pauvre ami ! C’est ça ? Les autres garçons t’ont fait des misères ? Allez vient, je vais te montrer où tu pourras te changer. En attendant, évite de toucher les murs et fait de grands pas s’il te plait… C’est pas toi qui va nettoyer après, hein ! Allez hop ! On va à la buanderie fissa ! En plus je suis sûre que sous cette crasse, tu as un joli minois ! »

    Et oui, la petite lavandière, très déterminée n’avait pas reconnue notre infortuné Amrit McStone, pensionnaire ici même et noble écossais, et ne lui laissa pas l'occasion de placer mot. En même temps comment l’aurait elle reconnu ? Elle ne l’avait jamais croisé, car on lui interdisait d’entrer en contact direct avec ces gentilshommes. Dommage ! Elle qui ne rêvait que de cela…


[désolé Amrit, mais la tentation de te faire rencontrer ce personnage fut trop grande. Prend garde à elle, on sait jamais !]
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Amrit McStone

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MessageSujet: Re: Arrivée nocturne et pluvieuse   Lun 4 Avr - 15:02

Perdu dans ses pensées, Amrit se laissa totalement surprendre par la petite domestique…
Il observa, les yeux exorbités, cette toute jeune fille au visage de poupée, qui se permettait de le toucher et de le gronder comme s’il était un gamin des rues. Bouche bée, il sursauta quand elle haussa le ton, et que – Quelle originalité – elle s’offusqua de son état. D’abord, Amrit ne comprit pas très bien le discours de son interlocutrice, qui parlait très vite, et avec un vocabulaire quelque peu rustique, mais quand elle acheva enfin ses remontrances, il tenta de placer quelques mots. Incapable de s’affirmer et de s’afficher en tant que noble pensionnaire, il commença en bégayant :
« Mais je… Je n’ai pas… Enfin, je… Je reviens juste des écuries ! Je suis désolé pour la saleté, mais… » Amrit jeta un coup d’œil aux traces de pas qu’il avait laissé derrière lui, tel un petit Poucet… « D’accord, je suis vraiment désolé pour la saleté. »

Plusieurs fois, Amrit avait réussi à chaparder des paires de sabots et de charentaises trainant dans la grange. Ces accessoires lui permettaient de garder les pieds au propre, et par conséquent, de réduire les traces de son passage, mais ils disparaissaient toujours de sa chambre après le passage des femmes de ménage. Le jeune noble soupçonnait d’ailleurs les intendants du domaine d’avoir briefé les domestiques afin de toujours faire disparaître ces indices de travail manuel… Herr Vettel, particulièrement, qui avait toujours la manie de grincer des dents quand il voyait le petit faucon.
A cette pensée, Amrit fut saisi d’un amusement embarrassé : « Le dragon, le croque-mort… Tu parles de… » Il se mit à pouffer de rire tant les surnoms correspondaient aux personnages. Il reprit à voix basse : « Ne t’inquiètes pas pour eux : J’ai l’habitude qu’ils me fassent les gros yeux, mais ils n’osent pas s’en prendre aux pensionnaires… »
Mais se pouvait-il qu’ils se vengent alors sur le personnel ? Amrit se mordit les lèvres à l’idée que cette petite lavandière puisse être réprimandée par sa faute… Ceci, en plus d’une surcharge de travail dont elle n’avait vraiment pas besoin, surtout à cette heure.
« Ecoute, je suis vraiment, vraiment désolé. Mais j’ai besoin de ton aide : Il y a une nouvelle arrivante dans le hall : Une française. Elle a besoin d’aide pour trouver sa chambre et s’installer. Et il y a aussi un pensionnaire avec elle, mais je ne sais pas ce qu’il fait là. Est-ce que tu pourrais, je ne sais pas, montrer à la jeune fille sa chambre ? Je pourrais porter ses affaires à l’étage, et vous laisser vous occuper du reste ? »

A condition, évidemment, que Amrit ne touche pas les affaires de Fleur de Montauban avec ses mains sales, et que cette dernière accepte, mais rien n'était moins sur… Il devait de toute façon, d’abord se rendre plus présentable… Au minimum se laver les mains, et changer de chemise et de chaussures. L'idéal aurait été de prendre un bain, de se coiffer, de se parfumer… Mais le temps manquerait inévitablement.


[HS: Ca serait intéressant, je trouve, d'avoir une mini-fiche de présentation de certains employés de Rose Blume, comme la gouvernante ou le majordome... ]


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Edward Craig

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MessageSujet: Re: Arrivée nocturne et pluvieuse   Sam 16 Avr - 15:40

    Edward ne s'était jamais vraiment soucié de ce que pensaient les autres de lui et ce ne serait pas demain la veille que cela commencerait. Les gens pouvaient bien jaser dans son dos, l'apprécier ou ne pas l'apprécier, il n'en avait cure. Il n'était pas là pour se faire des amis et puis, soyons réalistes, les gens honnêtes et désintéressés ne couraient pas vraiment les rues.
    Quoiqu'il en soit, il avait engagé la conversation avec Fleur et lui avait posé certaines questions sur ses origines et sur l'utilisation de son prénom - sans oublier sa proposition d'aider la demoiselle à monter ses affaires dans sa chambre. Il n'y avait aucune arrière-pensée, il voulait juste se montrer serviable, quoiqu'en pût penser un certain Amrit.

    Il apprit donc que la jeune fille venait de France. En même temps, avec un nom comme le sien, il s'en était déjà douté. Il lui adressa un petit sourire lorsqu'elle l'autorisa à l'appeler par son prénom et attendit sagement qu'elle ait terminé pour répondre - il avait bien sûr remarqué que la jeune fille ne semblait pas beaucoup aimer parler d'elle vu la vitesse avec laquelle elle était passée aux questions. Dommage. Mais s'il avait envie d'en savoir plus sur elle, il trouverait bien un moyen. Non pas qu'il fût particulièrement intéressé par elle, mais les petits nouveaux l'intriguaient toujours un peu. Disons que leur arrivait rompait momentanément la monotonie du quotidien.

    "Si je peux vous appeler Fleur, alors appelez-moi donc Edward. Vous avez bien deviné, je suis anglais ! Je suis ici depuis quelques semaines peut-être, je ne sais plus. Vous verrez...vous finirez par perdre la notion du temps ici, cet endroit est fascinant et regorge de mystères ! Mais je ne voudrais pas vous faire peur."

    Il se mit à rire doucement, mais au fond, il était sérieux. Néanmoins, il ne pouvait pas non plus dire à cette fille qu'il se passionnait pour tout ce qui sortait de l'ordinaire ni que ce pensionnat avait une certaine réputation et qu'il s'y passait des choses qui étaient tout sauf normales...Non, mieux valait ne pas l'effrayer dès le début.

    "Allons, si je propose de vous aider, c'est que..."

    Il fut interrompu par une voix stridente, criarde, qui manifestement se souciait très peu de la discrétion. Et cette voix réprimandait Amrit, chose tout à fait compréhensible, mais était-il vraiment nécessaire de se donner ainsi en spectacle ? Qui était-ce, d'ailleurs ?

    "Que diable se passe-t-il ? Mademoiselle..."

    Il lui tendit une main pour l'inviter à le suivre, histoire d'aller voir ce qu'il se passait. Certainement qu'Amrit et la fille encore inconnue offraient un sacré spectacle.
    Et voilà qu'une petite blonde apparut bientôt dans le champ de vision de l'anglais. Hum...elle n'avait pas l'air d'une pensionnaire. Peu importe. Edward s'avança vers les deux protagonistes, prenant un petit air faussement indigné.

    "Que se passe-t-il ici ? N'avez-vous pas honte de faire tout ce boucan ? Mes pauvres oreilles si sensibles !"

    Il était évident qu'il jouait la comédie car il avait pris un ton parfaitement exagéré, sans parler de ses gestes. Ah, Edward ! Tu pourrais faire un excellent comédien ! Mais trêve de plaisanteries ! Il posa son regard sur Amrit qui était toujours dans le même état déplorable, sans parler de l'odeur.

    "Malgré ses cris, cette demoiselle a raison, Amrit. Allez donc vous débarbouiller ! Nous nous occuperons des affaires de mademoiselle de Montauban."
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Fleur de Montauban

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MessageSujet: Re: Arrivée nocturne et pluvieuse   Dim 17 Avr - 11:42

Un sourire ambigu se dessina sur les lèvres de la jeune française, lorsqu’au propos de Edward elle répondit par un simple et laconique :

‘’Je n’ai peur de rien…’’

En dépit de son sourire, cela avait été dit sans la moindre once d’amusement. Le ton en avait même été assez neutre, bien que cette seule phrase démontrait un accent de conviction des plus certain, bien loin cependant de la vulgaire arrogance dont la majorité des aristocrate faisaient bien souvent preuve. Pour Fleur, il était d’une inébranlable certitude que, quoi qu’il puisse se passer dans ce pensionnat, cela n’était rien comparé au fait de vivre parmi ce que les nobles considéraient comme la lie de la populace. Les voleurs, les escrocs, les assassins… Qu’est-ce qu’un pensionnat pour jeunes gens de bonnes familles, pouvait receler de plus effrayant que ce microcosme, dans lequel la plupart des gens, quelle que soit leur classe sociale, évitaient soigneusement de se retrouver.. ?

Alors que le jeune anglais proposa à son tour à Fleur de l’appeler par son prénom, il tenta aussi de lui expliquer le pourquoi de sa proposition de l’aider à porter ses malles jusqu’à sa chambre, Ce qui étonna grandement l’adolescente… Ainsi, les hommes de la noblesse n’hésitaient pas à faire travailler les nobles demoiselle de l’aristocratie.. ? Sans doute, était-ce là une spécificité anglaise, car jamais encore elle n’avait vu cela en France… Faire trimer comme des bêtes de traie les jeunes filles et les femmes du peuple oui, mais en aucun cas n’avait-elle vu une aristocrate s’abaisser à ce genre d’activité dégradante… L’Angleterre devait vraiment être un bien étrange pays, se dit alors l’adolescente dans une pensée aussi fugace que, finalement, sans le moindre intérêt… Après tout, les anglais traitaient leurs femmes comme ils le voulaient, ce n’était assurément pas ses affaires.

Malheureusement pour Edward, sa tentative de justification vis-à-vis de son aide tourna très rapidement court avant qu’il n’ai pu conclure sa phrase, car une voix retentit alors au loin, dans les couloirs qui répercutèrent cette dernière en un écho qui vint troubler la douce, bien que très humide, quiétude de cette nuit sombre et silencieuse. Une voix de jeune fille se dit alors Fleur, tandis que Edward l’invitait à le suivre afin d’aller s’enquérir de l’origine de ce vacarme qui, apparemment, avait à faire avec l’autre pensionnaire rencontré quelques instants plutôt. Au son de sa voix, sans le moindre doute empreint d’une vulgarité certaine et bien trop appuyée pour être celle d’une jeune aristocrate, Fleur compris immédiatement qu’il s’agissait d’une jeune fille du peuple. Difficile pour elle de ne pas s’en rendre compte, puisque ce genre de voix dénué de toute gène et de retenue avait rythmé sa propre existence depuis sa naissance. Toutefois et elle ne pouvait cependant pas l’affirmer, mais il lui paraissait que cette voix appartenait à une très jeune personne… Plus vraiment une enfant, mais pas encore tout à fait une adolescente au même titre qu’elle.

Non dénuée de curiosité, Fleur allait accepter de suivre Edward afin de découvrir la vérité derrière les apparences supposées, lorsque la propriétaire de ladite voix fit son apparition au détour d’un couloir proche du hall d’entrée du pensionnat. Petite, blonde… Bien qu’elle la trouva plutôt jolie, et elle le serait encore bien plus si elle prenait soin de son apparence et de sa chevelure d’ange, Fleur compris immédiatement à la simplicité de ses vêtements que la nouvelle venue ne faisait assurément pas partie des pensionnaires de cet endroit. Des lors, il ne pouvait y avoir qu’une seule et unique explication : la blondinette était une domestique. Mais une domestique qui s’autorisait à s’époumoner sur un élève, voilà qui était bien surprenant. Décidément, l’aristocratie différait vraiment d’un royaume à l’autre, c’était plutôt intéressant du point de vue de l’adolescente qui n’avait encore jamais quittée la France.

Lorsque Edward en eu une fois de plus terminé avec ses reproches faussement réprobateurs envers Amrit, ce qui laissa à penser à Fleur que ces deux là devaient former un bien étrange, quoique assez amusant duo comique au sein du pensionnat et qu’il laissa sous-entendre que la petite inconnue allait les aider à porter ses lourdes malles bourrés de robes et de fanfreluches en tous genres, l’adolescente se tourna légèrement en direction de ce dernier et lui lança sur un ton quelque peu perplexe accompagné d’un très léger haussement de sourcil dubitatif :

‘’Edward… Vous n’allait tout de même pas obliger cette charmante jeune fille à transporter mes lourdes malles.. ? Je refuse, ce n’est pas un travail pour une enfant de son âge… Faisons plutôt comme vous me l’avait proposé un peu plus tôt et portons les nous-mêmes tandis qu’elle nous guidera jusqu’à ma chambre, voulez-vous.. ?’’

Acheva Fleur, bien décidé à ne pas devenir à son tour une exploiteuse du peuple auquel elle appartenait encore il y a peu de cela. Cette petite fille lui plaisait bien toutefois, elle paraissait avoir un caractère certain et elle ne doutait pas qu’elle puisse s’entendre à merveille avec elle au fil du temps. Après tout, elle aurait très bien pu se retrouver à sa place si elle-même n’avait pas choisi la liberté en lieu et place de la sécurité de sa petite vie d’orpheline recueillie par les religieuses. Puis, l’adolescente jeta un regard en direction de l’écossais qui ne s’attendait certainement pas à devenir un sujet de conversation récurrent et lui dit dans un sourire amusé :

‘’Mon cher, il semblerait que vôtre passion pour les chevaux ne fasse de vous un sujet de conversation aussi vif que bruyant… Mais peut-être que cela me permettra de faire la connaissance des responsables de ce pensionnat, si jamais ils venaient eux aussi à être attiré par les cris, si ce n’est par… l’odeur…’’

Conclu la demoiselle française, légèrement moqueuse mais sans avoir pourtant la moindre pensée cruelle à l’égard du malheureux écossais qui, comme le dira un proverbe bien des siècles plus tard, se voyait habillé pour l’hiver…
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MessageSujet: Re: Arrivée nocturne et pluvieuse   Mar 19 Avr - 20:34

    Oh grand Dieu ! Non, ce n’était pas possible ! Elle qui n’avait encore jamais croisé l’un de ces pensionnaires, voila qu’elle se retrouvait maintenant face à deux… non trois d’entres eux ! Aïe ! Elle s’était mal comportée, surtout en prenant Amrit pour un garçon d’écurie. Le pourpre lui monta directement aux joues. Elle n’avait pas le droit de parler directement à ceux-ci sans qu’ils lui en donnent la permission et encore moins de les réprimander. Mon dieu, mon, mon dieu ! Elle allait perdre sa place à coup sûre pour une telle bourde… Bon ! Il fallait noyer le poisson… Trouver une idée… Vite ! Les valises… Pas assez convainquant… Un grand sourire, oui, déjà elle pouvait faire cela. La préadolescente afficha donc un grand sourire dont on ne savait s’il tenait de la niaiserie ou de la moquerie. Elle avait eu tôt fait de relâcher son emprise sur le bras de l’écossais, mais malgré cela elle se retrouvait avec les mains sales. Comment donc se saisir des bagages de mademoiselle maintenant ?!

    « Tou…Toutes mes excuses Messires. Je ne savais pas que vous étiez un pensionnaire, sinon croyez bien que je vous aurais traité avec tous les égards du à votre rang… » Le ton était poli, mais quelque chose rendait ces paroles bancales : peut être le fait de ne pas croire en ces propos ou alors, elle cherchait trop ses mots car ceux-ci ne lui étaient pas naturels. « Mais avec tout le respect que je vous dois, vous n’avez pas à vous promener à une heure si tardive dans pareil état ! » Et voila ! C’était plus fort qu’elle… Mais il fallait que ça sorte. Et puis, qui songeait donc aux pauvres filles telles qu’elle-même qui allait devoir passer derrière ce malotru ? Personne dans cette assemblée en tout cas ! Et voila, la gamine n’affichait plus aucune gêne mais plutôt une moue boudeuse, presque renfrognée. « Si Môssieur désire se débarbouiller, c’est dans cette direction. » Elle accompagna le geste à la parole. « Quand à vous messires… » elle hésita un instant, ne sachant pas trop quel terme employer en réalité face à ce jeune couple, « Hé bien, je m’en vais vous aider dans votre tâche. »

    Et voila la petite qui avança d’un pas résolu vers Edward et Fleur, laissant sur le carreau ou presque notre infortuné embourbé. C’est alors, par un rayon de lune des grandes baies vitrées du hall qu’elle perçue le visage de nos pensionnaires. Mais c’est qu’il était mignon le rouquin ! Dommage qu’il fut roux en tout cas ! Elle secoua la tête pour elle-même et se saisie de la plus petite des malles. Et c’est alors qu’eu lieu un renversement de situation dont elle se serait bien passée…

    Car il y avait quelqu’un à la porte. Une personne pire encore que le dragon ou le croque mort ! Non, là elle était définitivement dans la panade ! Pourquoi avait elle donc mis le nez dehors ! Puis, il affichait un air des plus lugubre. Funeste présage en tout cas pour son avenir. Elle se mordilla les lèvres dans un geste compulsif, se tentant tout à coup très droite, comme au garde à vous tandis qu’il entrait…

    Il avait été retardé par des affaires aux alentours de Florence et arrivait donc avec un retard des plus déplorable au pensionnat. Maudits marchands, ne pouvaient ils donc pas se débrouiller quelques semaines sans son concours ? Quoi qu’il en soit, le trajet avait été harassant et il n’avait qu’une hâte : se réchauffer les os auprès d’un feu bien nourrie et prendre une bonne collation. Mais fichtre ! Quel était donc tout ce petit monde dans le hall ?!
    Il entra avec précaution, presque silencieusement et ne se serait pas fait remarquer sans la petite domestique qui venait de voir sa présence. Elle paraissait d’ailleurs toute contrite celle là. Etait elle en faute ? Quoi qu’il en fût, Signore Cavalcanti fronça les sourcils devant les pensionnaires qui s’étaient attardés de façon fort tardive dans ce hall.

    « Bonsoir... » Fit il de sa voix grave et sombre, avec une pointe d’accent. Il ôta sa lourde cape chargée d’eau et s’avança vers le petit groupe devant lui. Il jeta un regard hautain vers la pauvre petite Elke, qui n’avait qu’une envie : fuir, puis lui intima l’ordre d’aller chercher Drachen ou Vettel, ainsi que quelques uns de ses collègues. Il lui confia aussi au passage son vêtement de pluie et un haut de forme des plus élégants. La petite détala au quart de tour, trop heureuse de quitter la place même s’il lui fallait trouver l’intendante désormais et forcément, se faire un peu réprimander.

    « Je me présente jeunes gens : Signore Cavalcanti, sous directeur de cet établissement. Puis je savoir pour quelles hasardeuses raisons je trouve des pensionnaires ici présent en cette heure tardive ? »

    L’homme, grand et brun, à la peau légèrement hâlée par le soleil et au regard vipérin regardait désormais nos pensionnaires avec l’air sévère qui sciait parfaitement à sa fonction de sous-directeur de l’établissement. Il n’avait pas plus de la petite trentaine, ce qui pouvait paraître peu pour la fonction qu’il prétendait occuper, mais dégageait quelque chose de charismatique et d’intimidant. Il consulta la montre a gousset faite d’argent qu’il avait accroché à son gilet, puis soupira d’impatience, passant et repassant sa canne de main en main. Cette petite gourde en mettait du temps pour lui trouver des personnes qualifiées ! Son regard tomba alors sur l’écossais et il afficha une mine encore plus sévère. Que diable lui était il donc arrivé à celui-ci !

    « J’espère que vous avez de sérieuses explications à fournir Herr… Pour votre tenue j’entends. »

    Il braqua sur le malheureux un regard des plus cruels, s’avançant de quelques pas vers lui et frappant le sol de sa canne à tête de loup.
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Amrit McStone

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MessageSujet: Re: Arrivée nocturne et pluvieuse   Mer 20 Avr - 0:50

Était-il possible qu’on soit un vendredi 13 ? Amrit avait-il brisé un quelconque miroir durant son étape aux écuries ? Peut-être qu’une armée de chats noirs avait pris possession des lieux et lancé leurs malédictions sur le pauvre étudiant écossais !
Comment expliquer autrement qu’aussi tard dans la nuit, on puisse croiser autant de somnambules dans ce satané château ?! Récapitulons : Une nouvelle élève. Très bien, la pauvre n’avait certainement pas prévu cette arrivée tardive ! Un élève couche-tard… Admettons, Amrit ne pouvait pas se réserver à lui-seul le droit de se ménager des horaires particuliers. Une petite domestique apparemment incapable d’empêcher sa bouche de sortir tout ce qui lui passait dans la cervelle… Et enfin, le sous-directeur de Rose Blume… Amrit ne l’avait jamais rencontré, mais il avait entendu quelques on-dit qui ne laissaient rien présager de bon…


Le pire dans cette histoire, résidait certainement dans le fait que malgré ses efforts dans ce sens, Amrit était incapable de quitter les lieux, chacune de ses tentatives de fuites étant interrompue pour une raison ou pour une autre. Suite aux remarques successives de ses deux camarades, Amrit avait esquissé quelques pas vers une sortie… Il s’était même permis de lancer un vif sourire à l’Anglais, et de murmurer un « Très drôle, Mademoiselle » à la Française… Il n’était toujours pas certain que leurs paroles étaient d’avantage des plaisanteries que des moqueries, mais dans le doute, mieux valait faire preuve d’un peu d’autodérision… Au discours de la petite Elke, il répondit :
« Ma chère, ne vous inquiétez pas de votre réaction, je la comprends fort bien. » Après tout, Amrit avait connu, dans ses plus jeunes années les bonheurs des taches domestiques… Et la petite ferme de sa mère n’était rien comparée à la grandeur du domaine. Amrit ignorait combien de domestiques étaient alloués à l’entretient des sols, mais il ne doutait pas une seconde qu’il s’agissait là d’une corvée harassante.
« D’ailleurs, je vous fais la promesse – Et ayez confiance en ma parole – Je vous fais la promesse de faire attention à l’avenir. Mais pour le moment, je ne tiens pas à vous imposer ma présence », cette dernière remarque s’adressait aux trois jeunes gens. « Mademoiselle de Montauban, je vous aurais bien proposé mon aide, pour vos bagages, mais je crains de salir vos jolis sacs et valises, tel que je suis arrangé. J’espère que j’aurais, un jour prochain, une occasion de vous prouver que je suis réellement fréquentable. »

Amrit avait tourné les talons et commencé à s’éloigner, quand la porte du hall s’ouvrit sur la silhouette du sous-directeur. Il vit aussitôt Elke se pétrifier, et devina presqu’aussitôt l’identité du nouveau venu… Amrit écouta respectueusement le signore Cavalcanti, se présenter, puis sursauta quand ce dernier le gronda :
« J’espère que vous avez de sérieuses explications à fournir Herr… Pour votre tenue j’entends.
-Amrit McStone, Herr. Je suis désolé. Je reviens des écuries, où j’ai… eu un accident. »
Bizarrement, la thèse d’une chute semblait moins honteuse que le fait de s’être rabaissé à effectuer une tâche ingrate… « Je n’ai aucune excuse, Herr, mais j’imagine que mes piètres histoires ne vous passionnent pas. »

Amrit espéra que cette rapide explication suffirait à lui laisser le droit de garder le silence… Tout ce qu’il voulait, maintenant, c’était disparaître. Devenir une toute petite fourmi pour pouvoir se rendre invisible…

Oh, et puis prendre un bain, aussi… et pouvoir mourir de honte seul dans sa baignoire…
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MessageSujet: Re: Arrivée nocturne et pluvieuse   

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Arrivée nocturne et pluvieuse
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