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 Un lieu propice

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Cismihelle von Jousen

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MessageSujet: Un lieu propice   Mer 15 Sep - 22:35

Cela faisait, maintenant, quelques jours qu’elle avait intégré ce pensionnat. Les élèves et professeurs arrivaient et il se remplissait rapidement. Alors que les couloirs étaient vides à son arrivée, les voilà qui commençaient à déborder de vie. Mais le soir, à cette heure, il n’y avait plus beaucoup de monde et elle avait pu parcourir les couloirs et franchir les grilles du domaine sans que personne, ou presque ne put la remarquer.

Emmitouflée dans sa cape noire, ses cheveux noirs au vent, Cismihelle assise sur un des bancs de pierre froid, regardait dans le vide. Elle serrait dans ses mains gantée de noir, une lettre chiffonnée tant elle l’avait lue et relue.
Les nouvelles étaient terribles et ce lieu ne pouvait que l’aider à soulager sa peine. Elle soupira discrètement. Ses parents étaient morts et personne ne voulait qu’elle revienne sur leur domaine pour ne serait-ce que l’enterrement à cause de la menace de sa sœur. Il lui fallait tout de même réfléchir au meilleur moyen de convaincre les personnes pour qu’elle puisse retourner chez elle. Bien sûr, cela ne serait pas aisé… Voir même infaisable…

Ils étaient morts peu après son départ ce qui sous-entendait que sa maudite sœur se trouvait toujours au domaine. Ils pensaient qu’elle était plus en sécurité au pensionnat pour le moment et ils n’avaient peut-être pas tort…

Enfin pour le moment, elle était assise là, regardant les différentes tombes qui l’entouraient. Elle pensait, son visage reflétant la tristesse de cette perte. Le temps passait et elle ne bougeait que très peu, semblant être une simple statue réaliste appartenant au cimetière ou semblant être un fantôme tant sa cape fondait dans le décor noir du lieu. Elle levait la tête et son regard se perdit dans la voûte céleste. Seule, voilà ce qu’elle était, seule et isolée…
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Naàlia de Andrade Faria

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MessageSujet: Re: Un lieu propice   Lun 25 Oct - 21:36

La première chose qui hante mon esprit lorsque je me retrouve dans un lieu inconnu, c’est de trouver au plus vite un apothicaire, ou un pharmacien devrais-je plutôt dire. Fort heureusement, l’Autriche n’est pas une île et même si - pour l’instant - ceci est la seule qualité que je trouve à mon nouveau pays d’accueil, cela ne suffit pas à me rassurer. Il me fallait donc trouver au plus vite un revendeur de laudanum, surtout que le domaine était entouré de lacs et autres rivières et rien que d’y penser, cela me rend malade. Quoique, la vue d’une étendue d’eau ne suffit pas à m’angoisser. Pas de loin, en tout cas - et par « loin », j’entends au moins cinquante mètres de distance.

Pour cette raison, ce matin à mon réveil, je m’étais sentie envahie par une envie irrépressible d’aller en ville. Enfin, pas seulement. Car depuis mon voyage en mer, je faisais souvent des cauchemars. Des cauchemars où je me noyais, où je me sentais emportée par les courants et dans l’impossibilité de respirer sans gorger mes poumons d’eau et de finir par étouffer. D’ailleurs, rien que d’y penser, j’en ai des sueurs froides. Quoi qu’il en soit, j’étais allée en ville. Et pas de bonne heure. Je n’avais pas mis longtemps à trouver ce que je venais chercher et je m’étais même surprise à admirer le bourg et à vanter la construction des battisses.

Je voulais rentrer, mais en empruntant un chemin que je n’avais pas encore pris. Évidemment, j’étais venue en calèche avec une servante du château. Mais dès que mes achats furent terminés, je l’avais priée de rentrer seule. Elle avait froncé le sourcil et je lui avais répondu que j’aimais bien marcher, ce qui n’était définitivement pas un mensonge : et elle était partie, sans demander son reste. Seulement voilà, je me suis retrouvée au cimetière - ne vous méprenez pas, je l’ai fait en toute conscience ! - et voilà que maintenant, je me tiens figée face à cette fille qui doit avoir approximativement mon âge et qui semble noyée - quelle ironie - dans un très profond chagrin puisqu’il me parait qu'elle ne m’a pas entendue et qu’elle affiche une mine accablée et sinistre. Forcément, je n’ose pas bouger : j’ai bien trop peur qu’elle me voit et qu’elle se sente gênée. Mais en même temps, si je ne pars pas au plus vite, c'est bien ce qui arrivera.

Soudain, il me semblait que Dieu avait dû vouloir me punir de mon indiscrétion, car il envoya une énorme rafale de vent me voler mon chapeau bleu marine qui finit par s’écraser, emmenant ses multiples fleurs et rubans dans sa course, aux pieds de la jeune fille en question…

- Hem... Fraulein, je suis tellement navrée... Je... bégayais-je, trouvant subitement le sol trop intéressant que pour lever mes yeux et affronter son regard.


Dernière édition par Naàlia de Andrade Faria le Mar 2 Nov - 15:34, édité 1 fois
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Cismihelle von Jousen

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MessageSujet: Re: Un lieu propice   Ven 29 Oct - 10:24

Du coin de l’œil, elle perçut un mouvement. Une personne venait d’entrer dans le cimetière. Sans doute une âme en peine pensa-t-elle. Elle ne bougea pas pour autant et continua d’explorer la voute céleste. C’était un lieu de recueillement et toute personne pouvait y entrer et se laisser porter par le calme des morts.

Elle entendait le pas discret de la personne, le glissement de sa robe sur le sol, un son doux et quelque peu rassurant, un son lui hurlant qu’elle n’était plus seule et isolée.

Une rafale de vent et une chose vint se déposer à ses pieds. Cismihelle baissa doucement le regard vers l’objet volant et reconnu là un chapeau qui avait décidé de terminer sa course à ses pieds. Elle se mit discrètement debout et ramassa la pauvre chose gisant à terre. Elle regarda le chapeau qu’elle tenait délicatement entre ses doigts puis se tourna vers la jeune fille.

Le vent ne s’était pas que contenter de faire voler le chapeau, il s’était également chargé d’abaisser la capuche de la jeune femme, révélant ainsi ses longs cheveux noirs et soyeux qu’elle n’avait, pour une fois, pas attachés. Quelques mèches vinrent lui caresser doucettement le visage.

Face à elle se tenait sans le moindre doute, une étudiante. Elle semblait gênée et trouvait le sol fort intéressant. Elle s’approcha doucement de la jeune femme et lui tendit le chapeau, son regard était doux et teinté de tristesse.


- Ne le soyez pas Fraulein... Le vent ne peut se contrôler de jouer de mauvais tours.

Cismihelle lui sourit le temps que la jeune femme reprenne son bien. Puis, ses yeux repartirent vers les étoiles un court instant. Une légère déception passa sur son visage avant de revenir sur la jeune femme et lui sourit à nouveau.

- Fraulein, vous êtes arrivée au bon moment. Je ne pouvais rester seule indéfiniment. A moins que cela ne soit véritablement que l’envol de votre chapeau qui vous met mal à l’aise.

Son ton était léger et un peu amusé. Mais on pouvait y ressentir un effort certain pour contrôler une émotion cachée. Cismihelle écarta une des mèches de son visage et pencha légèrement la tête de côté avant de joindre ses mains ensembles.

Autour des deux jeunes femmes, le calme ambiant amplifiait le bruit normalement si discret des animaux nocturnes. Un hibou éleva sa voix sinistre et mélodieuse en même, tandis qu'un loup, dans le lointain, semblait lui répondre. Quelques bruissements de feuilles et de brindilles, ici et là, témoignaient encore de la vie nocturne des lieux. Cela n'était pas pour déplaire à Cismihelle. Elle aimait se calme et tous ces bruits. Ils lui rappelaient ses escapades dans la forêt près de chez elle. Chez elle... Voilà qui raviva une bouffée de chagrin et elle dut détourner le regard pour cacher cette émotion. Puis elle se ressaisit et fit face à nouveau à son interlocutrice.
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Naàlia de Andrade Faria

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MessageSujet: Re: Un lieu propice   Mar 2 Nov - 15:33

- Ne le soyez pas Fraulein... Le vent ne peut se contrôler de jouer de mauvais tours.

Je relevais lentement la tête, toujours affreusement gênée. Si les éléments de la nature, tels que le vent, ne peuvent se contrôler, nous, les êtres humains, nous le pouvons ; et j’aurais dû me dire, avant de planifier mon chemin de retour, que dans un cimetière, on trouve des personnes désireuses de solitude et de calme pour pouvoir se recueillir.

Finalement, je repris mon chapeau. L’essentiel, c’était de ne pas l’avoir ennuyée : si cette jeune fille ne m’en voulait pas, alors le dérangement que j’avais causé était facilement réparable ; il suffisait que je fasse oublier mon indiscrète intrusion en prenant mes jambes à mon cou.

- Fraulein, vous êtes arrivée au bon moment. Je ne pouvais rester seule indéfiniment. A moins que cela ne soit véritablement que l’envol de votre chapeau qui vous met mal à l’aise.

- Oh, non ! Les vêtements ne sont rien de plus qu’une corvée de lessive et de raccommodage, et comme ce n’est pas moi qui m’en occupe… tentais-je, avec un sourire, dans l’espoir de l’amuser un petit peu. Elle avait beau parler légèrement, je la sentais toujours triste et cette situation avait le don de m’embarrasser. Je n’avais jamais su gérer ce genre de situation. Je n’étais pas vraiment douée pour guérir les blessures de personnes qui m’entouraient - qu’elles soient proches de moi, ou pas. Tout au plus, je pouvais tenter de leur faire oublier leurs tristesses. Du moins, l’espace d’un instant.

Je secouais mon chapeau et le remis sur ma tête. Je m’étais trouvée tellement penaude que je n’avais pas pris le temps d’observer mon interlocutrice. Maintenant que sa capuche était descendue et que je voyais son visage, je me sentais soudain encore plus stupide qu’il y a quelques instants à peine. Les belles jeunes femmes me faisaient toujours sentir inférieure : elles possédaient un charme que je n’avais pas, et que je n‘aurais sans doute jamais. Et pourtant, je n’étais pas du tout complexée par mon apparence physique ; seulement, je savais pertinemment bien que les critères de beauté de notre société étaient ceux de cette jeune fille. Et curieusement, je l’approuvait moi-même. Surtout qu’elle n’avait rien de niais ou de superficiel, contrairement à la majorité des jeunes filles de mon âge…

- … Cependant, il me semble, Fraulein, que même lorsqu’on est accompagnées d’une multitude de personnes, au final, on demeure toujours infiniment seul. Ajoutais-je. Néanmoins, si vous voulez que l’on se tienne compagnie encore l’espace d’un instant, j’en serais fort aise, Fraulein. Heureusement, ma bonne humeur habituelle reprenait le dessus, chassant de mon esprit les pensées déplorables que je pouvais avoir sur ma personne.

*Et de plus, il commence à se faire tard…*
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Cismihelle von Jousen

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MessageSujet: Re: Un lieu propice   Dim 7 Nov - 13:39

Cismihelle sourit. Il est vrai que cela semblait une corvée de s’occuper de vêtements. Surtout quand cela devait être les siens. Elle avait toujours réussi à les mettre dans un sacré état. Toutes ses pérégrinations en forêt avec... Son visage se rembrunit légèrement et frissonna à cette pensée. Néanmoins, elle se ressaisit et répondit d’une petite voix.

- Tout dépend des affinités que vous avez avec ce groupe de personnes mais, il est vrai qu’au final, on est seul. En revanche, nous pouvons créer l’illusion de ne plus l’être et cela peut être une aide non négligeable.

Cismihelle sourit et rabattit la capuche sur sa tête. Elle la mit de façon à ce que son interlocutrice continue de voir son visage. Cela aurait été inconvenant s'il en avait été autrement.

- Bravons alors la solitude ensemble Fraulein. Elle sourit. Vous m’avez sortie d’une solitude quelque peu triste alors pourquoi refuserais-je une telle proposition ?

Cismihelle regarda le cimetière dont quelques vapes de brume avaient fait leur apparition et resserra sa cape sur ses épaules en frissonnant légèrement avant de reprendre, murmurant.

- Je ne sais ce qui m’a prit de venir en cet endroit lugubre en pleine nuit… Maintenant que j’ai les idées plus claires, je trouve que ce fut folie pure… Mais, je ne suis plus seule.

Retrouvant un regain d'énergie, effaçant ainsi tout ce qui aurait pu paraître pour étant de l'inquiétude ou de la tristesse, Cismihelle porta délicatement quelques doigts à ses lèvres et écarquilla les yeux et laissa échapper un discret oh ! : elle venait de se souvenir.

- Je ne me suis pas présentée : Cismihelle von Jousen.

Elle fit la révérence et fit quelques pas en direction de Naàlia.

- Puis-je savoir ce que vous faites en cet endroit ?

Se rendant compte de ce qu'elle venait de demander, elle baissa la tête, fuyant le regard de Naàlia. Ce faisant, sa capuche lui marqua son visage dissimulant ainsi sa gêne apparente. Cette question n'était que de la pure curiosité et comme chacun sait, la curiosité est plutôt mal placée. Mais, elle lui brulait les lèvres depuis quelques minutes et ne put s'empêcher de la retenir.

- N-non... Non, oubliez... Je-Je ne devrais pas vous demander cela. Je... C'est inconvenant... Pardonnez-moi...

Quelques feuilles volaient ici et là, portée par le vent. D’ailleurs, le souffle de celui-ci résonnait par moment dans certains mausolées faisant penser à des murmures d’outre-tombe. Bien sûr, ce n’était qu’une impression. Les morts restaient, en général, là où ils se trouvaient.

La jeune fille, la tête toujours baissée, donna l'impression de vouloir fuir tant ce qu'elle avait demandé semblait la gênée. Ses gestes, son corps, tout indiquait ce mal être et si elle l'avait pu, elle se serait fondue dans l'obscurité ambiante pour ne plus réapparaître.
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Naàlia de Andrade Faria

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MessageSujet: Re: Un lieu propice   Mer 10 Nov - 23:54

- Tout dépend des affinités que vous avez avec ce groupe de personnes mais, il est vrai qu’au final, on est seul. En revanche, nous pouvons créer l’illusion de ne plus l’être et cela peut être une aide non négligeable.

*Mais les illusions sont éphémères. D’ailleurs, il est heureux qu’il en soit ainsi car le réveil est souvent brutal.*

J’avais bien envie de lui répondre mais j’avais pensé que le moment n’était pas opportun. La nuit était tombée et il n’était pas l’heure de philosopher sur des concepts abstraits. De plus, il commençait à faire diablement froid et je n’étais pas habituée à ces températures : je sentais déjà que j’allais me trouver malade.

- Bravons alors la solitude ensemble Fraulein. Vous m’avez sortie d’une solitude quelque peu triste alors pourquoi refuserais-je une telle proposition ?

Elle aurait pu la refuser. Mais c'est bien parce que je l'avais vue triste que j'avais envie de l'éloigner d'ici et j'avais visiblement vu juste. Je laissais passer cette remarque : je ne voulais pas répondre quelque chose qui l'aurait poussée à se sentir obligée de me parler de ses problèmes.

- Je ne sais ce qui m’a prit de venir en cet endroit lugubre en pleine nuit… Maintenant que j’ai les idées plus claires, je trouve que ce fut folie pure… Mais, je ne suis plus seule.

- Folie ? Ce n’est pourtant pas bien grave de ressentir le besoin de se recueillir dans un cimetière. Moi, en tout cas, cela ne m’étonnais pas le moins du monde. De là d‘où je viens, les cimetières sont une chose rare. Les populations noires ont d’autres rites et religions qui peuvent paraître étranges et païens, surtout pour les stupides missionnaires chrétiens dépêchés sur place. Néanmoins, je ne peux nier que j‘étais - et je le suis toujours - totalement fascinée par leur manière de voir la vie et surtout la mort. Ce fut certainement pour cela que je m’étais très vite éloignée de « ma » religion.

- Je ne me suis pas présentée : Cismihelle von Jousen.

Et moi non plus, idiote que je suis. Mais cela me rassurait quelque peu qu’elle l’est oublié, elle aussi. Il faut dire, elle aura beau me dire son titre ou son rang, je sais pertinemment bien que je ne risque pas d’avoir déjà entendu parler d’elle.

- Enchantée. Dis-je en effectuant une discrète révérence. Moi, je me nomme Naàlia Maria Conceição Azevedo de Andrade Faria. Ajoutais-je. Je présentais déjà ses pensées : qu’est-ce que ce nom ? D’où cela peut-il bien venir ?

- Puis-je savoir ce que vous faites en cet endroit ?

Ce que je faisais en cet endroit ? Ma foi, je ne le savais pas moi-même. Enfin, si. J’étais venue en ville car je me sentais angoissée à l’idée de ne pas avoir de laudanum au cas où mon stock n’aurait pas suffit et puis, je m'étais retrouvée dans ce cimetière car je voulais marcher un peu. Une fois de plus, je fuyais mes peurs et mes phobies. Et je me sentais tellement faible de ne pas avoir la force de les affronter…

- N-non... Non, oubliez... Je-Je ne devrais pas vous demander cela. Je... C'est inconvenant... Pardonnez-moi...

Je n’avais pas du tout trouvé cette question inconvenante, pour ma part. De toute façon, si une quelconque question ne me plaisait pas, il suffisait de ne pas y répondre ou de mentir. Rien ne m’obligeait à dire ce que j’avais envie d’occulter…

- Ne vous sentez pas gênée, Fraulein von Jousen. En réalité, je voulais simplement me promener. J’apprécie les endroits calmes et j’aime beaucoup marcher. Comme il y a très peu de temps que je suis en Europe, je voulais visiter le village et voilà… Tentais-je, maladroite. Mais dites-moi, vers où devons-nous aller ? Vous habitez loin d’ici ?

Je me mis en marche vers la sortie et l’invitait à se joindre à moi dans mon mouvement. J’avais envie de plonger ma main dans ma bourse et d’en sortir ma montre à gousset mais je craignais que l’information recherchée ne me contrarie, alors je me reteins, aussi bien que mal.
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Cismihelle von Jousen

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MessageSujet: Re: Un lieu propice   Mar 16 Nov - 21:46

Oui, c’est vrai qu’il n’y a rien de mal à se recueillir dans un cimetière mais en pleine nuit… Elle s’abstint d’exprimer sa pensée à haute voix. Ce n’est pas parce que ce lieu ne la rassurait plus qu’il fallait qu’elle transmette ses inquiétudes à Naàlia. Mais, la jeune femme avait éludé la question, elle n’avait pas expliqué pourquoi elle se trouvait dans le cimetière. Il y avait tant d’autres choses plus intéressantes qu’un lieu de mort ! D’un autre côté, la question était déplacée et il était fort logique que la jeune fille n’y réponde comme bon lui semblait. Et ne pas y faire allusion n’était que justice.

- Enchantée de faire votre connaissance Fraulein Naàlia Maria Con… Heu… Je… Pardonnez.

Cismihelle détourna le regard dans une expression confuse. Elle avait beau se triturer les méninges, le reste du nom semblait lui échapper.

- Je… Je ne sais si je pourrais retenir tout votre nom malgré ses jolies consonances… Veuillez vraiment me pardonnez Fraulein…

Elle se tue un instant, regardant alentours pas tellement rassurée. Puis reposa toute son attention, enfin, presque toute son attention sur Naàlia.

- Je suis une pensionnaire de Roseblum et si vous…

Ses mots se suspendirent à ses lèvres. Elle regardait attentivement un coin du cimetière, là près d’un mausolée. Elle se rapprocha imperceptiblement de Naàlia. Son regard se fit plus vif, ses mouvements plus tendu comme si elle allait prendre la fuite au moindre bruit.

- Vous… Vous avez vu ?

Ce n’était plus qu’un chuchotement dans la nuit. Elle se mit à trembler sans doute à cause de ses mots qui semblaient résonner, même à voix basse. Hormis le vent, tout lui sembla calme, beaucoup trop calme et ce mouvement furtif… Non, il n’y avait rien, était-ce son imagination ? Oui sûrement… Elle prit une grande inspiration et fit quelques pas en direction du mausolée. Elle s’arrêta, n’osant aller plus loin.

- Je… Je devrais peut-être rentrer maintenant… Il se fait tard et…

Elle ne put finir sa phrase encore une fois, fixant un endroit obscur où rien n’apparaissait. Elle serra sa cape contre sa poitrine. Le vent faisait voler quelques feuilles mortes ici et là autour d’elle. Cismihelle, forme noire terrifiée dans la nuit. Voilà à ce qu’elle ressemblait.

Partir. Partir devint son unique mot d’ordre et elle le murmurait. Pourtant, elle semblait incapable de faire le moindre geste.
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Naàlia de Andrade Faria

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MessageSujet: Re: Un lieu propice   Sam 4 Déc - 0:47

- Enchantée de faire votre connaissance Fraulein Naàlia Maria Con… Heu… Je… Pardonnez… Je… Je ne sais si je pourrais retenir tout votre nom malgré ses jolies consonances… Veuillez vraiment me pardonnez Fraulein…

Je m’y étais préparée : l’allemand était la langue que j’avais eut le plus de mal à maîtriser et ce n’étais pas étonnant que le portugais le soit tout autant pour quelqu’un dont la langue maternelle était germanique… Malgré une légère exaspération, je lui offrit mon sourire le plus compatissant.

- Vous pouvez me nommer Naàlia Faria, simplement. Les noms portugais sont cruellement longs pour ceux qui ne connaissent pas la langue.

Dieu, qu’il faisait froid ! Je n’étais pas du genre à me plaindre, vraiment pas. Mais je me sentais toute engourdie, d’un seul coup. Dire que je devais encore faire tout le chemin à pied… Je n’allais pas m’en sortir sans un rhume ou je ne sais qu’elle autre maladie désagréable qui vous fait tousser et dont vous mourrez trois mois après.

- Je suis une pensionnaire de Roseblum et si vous…

Mon regard s’était illuminé d’un coup : la perspective de ne pas devoir faire le chemin toute seule m’avait animée de courage. Mais cela ne dura pas longtemps. Je vis le visage de Cismihelle devant moi s’assombrir si rapidement que je mis plusieurs secondes à comprendre qu’elle fixait quelque chose derrière moi, quelque chose qui avait dû lui glacer le sang d'après l'expression de son visage, et qui était désormais en train de glacer le mien. Je tournais la tête par réflexe, essayant de découvrir ce qui l’avait mise dans cet état, mais je ne vis rien. Rien d’autre que la plus parfaite obscurité. Et ce n'était pas plus rassurant.

- Vous… Vous avez vu ?

- Non, je n’ai rien vu.


J’aurais pu lui demander ce qu’elle avait vu - ou croyait avoir vu, m’approcher du mausolée et regarder de plus près, mais mon instinct me dictait de ne pas jouer les aventurières. J’avais vu tellement d’effroi dans les yeux de cette jeune fille, que je n’arrivais pas à me convaincre qu’il ne devait s’agir que d’une souris ou du vent… En tout cas, de quelque chose d’inoffensif.

- Je… Je devrais peut-être rentrer maintenant… Il se fait tard et…

- Vous savez, je suis également établie au pensionnat Roseblume.
Dis-je, faussement enjouée, en la prenant par le bras et en l’entraînant vers la sortie à toute vitesse. Cela tombe bien, on pourra faire le trajet ensemble. On ne sait jamais sur quel mauvais sujet on peut tomber, n’est-ce pas ? Ajoutais-je, en souriant sombrement. En tout cas, je suis contente de vous avoir rencontrée, fraulein Cismihelle. Je me sens moins seule maintenant que je connais quelqu’un qui fréquente le même établissement que moi.

Les mots sortaient tous seuls, comme pour éviter que Cismihelle et moi, par la même occasion, ne pensions à ce qui venait de se passer. Mais ils n’en étaient pas moins sincères pour autant. Malgré tout, je n’étais toujours pas rassurée et je cherchais à compenser ma peur en marchant très vite. Jusqu'à ce que...

- Tiens... Nous voilà sorties du cimetière mais je ne reconnais pas les rues, il doit faire trop sombre. Je m'arrête un instant. Vous rappelez-vous du chemin de retour ?
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Cismihelle von Jousen

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MessageSujet: Re: Un lieu propice   Ven 21 Jan - 11:29

Naàlia la prit par le bras et dans un réflexe, Cismihelle le retira. Décidément, elle ne pouvait pas supporter qu’on la touche. C’était plus fort qu’elle. Elle se renfrogna quelque peu à l’idée que cela pouvait se reproduire. Faire le trajet avec la jeune fille était une des solutions les plus judicieuses. La nuit ne pouvait que renforcer les mauvaises rencontres. D’ailleurs, n’avait elle pas vu cette ombre dans le cimetière ?

Cismihelle continuait de la suivre silencieusement, ses pensées ne cessant de tournoyer. La jeune fille avait beau parler, Cismihelle semblait aux abonnés absents. La jeune femme s’arrêta, ne sachant plus son chemin. Cismi la regarda quelque peu perdue.


- J’étais dans mes pensées en venant ici… Pardonnez si je n’ai pas fait attention au chemin qu’il fallait emprunter…


Elle baissa la tête confuse. Puis, elle la releva et regarda dans différentes directions, espérant capter les lumières soit du pensionnat, soit du village. Mais rien… Rien n’était visible…

- C’est curieux… Il-il fait nuit et, on devrait voir quelques lumières non ? Celles du village ou du pensionnat ? Il ne doit pas être si tard que ça, pour ne rien percevoir ?

Il est vrai que c’était curieux… Aucune lumières ne transparaissaient, aussi éloigné fut le cimetière, elles auraient dû voir la lumière vacillante d’une quelconque bougie ou d'une torche provenant, du lieu le plus proche : le village. Mais là, rien… Comme si tout avait disparu… Cismihelle tremblota légèrement.

Et derrière, voilà que le bruit d’un pas lourd, écrasant les gravillons et les feuilles mortes, s’éleva dans cette nuit sombre et froide. Quelque chose approchait, venant du cimetière… Pourtant, elles avaient été seules en cet endroit… Il n’y avait personne…

Cismihelle se retourna rapidement et vit une silhouette, de deux mètres au moins, s’approcher. Elle prit une profonde inspiration comme pour contenir sa peur et murmura :


- Ca vient vers nous… Que-que faire ?

La silhouette, s’approchait toujours. Elle les fixait, l’âme des jeunes filles le ressentait. Arrivée à quelques mètres, Naàlia et Cismihelle purent distinguer les yeux d’un rouge sombre de l’être. Un rouge sanglant, menaçant… Puis un sourire, dont les dents en pointes se reflétaient à la pauvre lumière de la lune voilée… Fuir… Seul mot d’ordre, seule réaction saine d’esprit… Cismihelle, la peur au ventre, fit rapidement demi-tour et partie en courant dans la première direction qui se présentait à elle.
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Naàlia de Andrade Faria

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MessageSujet: Re: Un lieu propice   Jeu 31 Mar - 23:44

Ma jeune camarde avait retiré son bras, de façon un peu renfrognée, m’avait-il semblé. Et je ne pus m’empêcher de le prendre pour ma personne. Je ne me sentais pas réellement offensée, loin s’en faut… Mais… Bon sang ! Ne m’avait-il fallu qu’un jour pour avoir déjà le mal du pays ? Pourtant, ce n’est pas mon genre de me laisser aller à la mélancolie pour si peu. Mais c’était le genre de réactions qui nous font sentir étrangers aux autres : fussions-nous tous de la même espèces, eussions-nous été du même milieu social,… Cette Cismihelle était sans doute une noble. Et en cet instant, elle me rappelait tellement ma belle-mère que je me mis à la détester pour le souvenir désagréable qu’elle faisait remonter en moi. Néanmoins, j’étais consciente que je ne la connaissais pas et que j’étais sotte de la juger sur de si maigres suppositions. Et ce fut sans doute pour cette raison que je fis comme si je n’avais rien remarqué…

Mais si j’avais pu, je me serais cachée sous terre - et je l‘aurais probablement enterrée avec moi.

- J’étais dans mes pensées en venant ici… Pardonnez si je n’ai pas fait attention au chemin qu’il fallait emprunter...

* Pas plus que moi, ma mie. Ainsi, vous auriez prendre exemple sur moi et ne pas prendre la peine de vous excuser. *

- C’est curieux… Il-il fait nuit et, on devrait voir quelques lumières non ? Celles du village ou du pensionnat ? Il ne doit pas être si tard que ça, pour ne rien percevoir ?

Cela était vrai. Mais la pénombre était mon lot quotidien en Afrique, alors je ne percevais pas le sentiment alarmiste de ma comparse. Et quelque part, j’éprouvais même un plaisir lugubre - et coupable… - à la voir inquiète.

J’allais répondre que peut-être nous nous étions trop éloignées, sans nous en rendre compte, quand soudainement j’entendis un craquement au sol. Je me retournai sans attendre et constata que quelqu’un se tenait derrière nous. Mon premier mouvement fut de faire un pas vers elle : pour me présenter et lui demander mon chemin. Cependant, en m’approchant, j’eus l’étrange sentiment que quelque chose - sans que je pusse dire quoi - était anormal et incohérent.

- Ça vient vers nous… Que-que faire ?

Je ne me hasardais même pas à répondre. Ni à la regarder. D’ailleurs, j’étais trop occupée à observer cette… chose qui s’avançait vers nous. Et pour être honnête, j’étais même totalement fascinée par ce spectacle et la terreur commençait à engourdir tous mes membres. Alors que mon esprit se démenait à choisir entre spectaculaire et effrayant, je vis fraulein Cismihelle s’enfuir du coin de l’œil et me sentait complètement incapable de faire de même. D’ailleurs, j’eus le temps de me dire que ce serait complètement ridicule que la noble s’en sorte, et la fille mi-garçonne mi-aventurière se fasse molester, parce qu’elle était restée plantée sur place comme une grande idiote…

Toutes ces réflexions semblaient durer une éternité, jusqu’à ce que je puisse désigner clairement que ce qui n’allait pas chez « la chose » : c’était plus sa dentition atypique et menaçante que la couleur bizarre de ses yeux. Et tout cela me rappelait vaguement la définition de quelque chose dont j’avais peine à me souvenir précisément...

Finalement, je m’enfuis - et croyez-moi, il était temps. Je cherchais désespérément à suivre les traces de Cismihelle, autant pour elle que pour moi - l’idée de se séparer maintenant était certainement mauvaise. Je courrais, courrais aussi vite que mes jupons me le permettaient, mais avais l’impression que « le-machin-dont-le-nom-m’échappait » ne s’efforçait pas tant à me rattraper que moi à le fuir. Malgré tout, je sentais qu’il n’était pas bien loin. Je courus encore un temps avant d’entendre ce que je crus être les froufrous d’une robe, bruits qui semblaient me fuir. Je tentais de rattraper celle que je reconnu être Cismihelle.

- Fraulein Cismihielle ! Arrêtez ! Ce n’est que moi, Naàlia… Criais-je, essoufflée, en prenant soin de regarder rapidement derrière-moi. Cet endroit ne vous semble-t-il pas familier ? Demandais-je, au bout d’un moment, ayant le sentiment d’être déjà passée par là avant - et espérant que l’on fusse plus proche du village, à présent.
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Un lieu propice
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