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 Douloureuse séparation

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Kirsten

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Messages : 10
Date d'inscription : 18/08/2010

MessageSujet: Douloureuse séparation   Sam 4 Sep - 13:07

Il restait encore deux heures de trajet avant d'arriver. Martha ronflait bruyamment dans la cabine de la voiture, assise face à Hanz et sa sœur. Kristen était songeuse. Elle repensait sans cesse à la dernière discussion avec son père. Pourquoi avait-il décidé aussi subitement à la tenir éloignée, elle et ses frères. Hanz était assis à coté d'elle, le visage fermé et ne semblant pas vouloir ouvrir le dialogue.

- Hanz ? Que se passe-t'il donc ? N'es tu pas heureux de servir dans l'armée ? Il me semblait que c'était un souhait de longue date.

Hanz rentra son menton et son visage sembla se fermer définitivement à toute discussion. Puis après quelques secondes il ouvrit la bouche.

- Ma chère sœur, vois-tu... je suis heureux de réaliser mon rêve. Je suis heureux de voir notre père m'encourager dans cette voie. Mais je ne comprends pas pourquoi il a pris cette décision de tous nous éloigner les uns des autres. J'ai toujours su qu'il regarder d'un mauvais œil nos passes d'armes. J'ai toujours su qu'il détestait te voir monter à cheval et rivaliser avec tous les cavaliers du domaine. Mais pourquoi vouloir t'éloigner du domaine ?

Kristen resta silencieuse comme réfléchissant à la question.


- Je ne me sens pas coupable de quoi que ce soit. Je suis telle que je suis. Il ne saurait en être autrement.


Hanz hésita une seconde. Puis se décida à parler.

- Je pense qu'il y a autre chose. Père nous a tous interdit de parler de mère, mais... je dois te dire que je le comprends. Tu lui ressembles de plus en plus, autant dans tes agissements que physiquement. Et j'ai bien peur que ce soit de plus en plus dur pour lui...

Kristen repris d'une voix douce.

- Dur de me regarder... ? C'est cela ?
- Oui, je le pense. Mais il ne t'aime autant que nous, c'est simplement plus difficile pour lui de voir le visage de notre mère. Chaque seconde passée à te regarder nous rappelle tous à quel point nous l'aimions.

La route se fit tout à coup plus rocailleuse. Au loin, le soleil sembla s'effacer derrière le paysage, comme s'il n'était pas assez fort pour percer cette brume naissante. Peu à peu, la voiture s'enfonça dans ce sombre décors. Ils terminèrent le voyage pensifs l'un et l'autre. Aucun des deux n'osa entamer de nouveau la discussion, peut être par peur que le sujet ne soit douloureux pour l'autre.

Au terme d'un trajet difficile, le voiture arriva devant la demeure majestueuse. Ce n'est pas sans une certaine émotion qu'Hanz pris la main de sa sœur pour l'aider à descendre de la cabine. Kristen, posa un pied au sol et se dit alors que les bottes seraient bien plus appropriées que ses chaussures. Elle se repris soudain et regarda son frère dans les yeux, attendant comme une parole d'encouragement. Mais rien ne vint.


- M'écriras-tu ?

- Il ne saurait en être autrement.

Il déposa un baiser sur la joue de sa sœur devant le regard désapprobateur de Martha qui n'avait pas dit mot de tout le voyage. Kristen sourit à son frère en faisait son possible pour masquer cette tristesse qui commençait à envahir son cœur. Hanz se retourna vers le cocher qui finissait de décharger les effets personnels de Kristen devant l'entrée.

Kristen s'avança vers la somptueuse entrée laissant Hanz et le cocher s'éloigner derrière elle.
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Naàlia de Andrade Faria

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Localisation : Quelque part entre le ciel et la terre.

MessageSujet: Re: Douloureuse séparation   Mer 8 Sep - 10:59

Les adieux à mon père avaient été pénibles, mais moins que ce que j’avais pensé. Quant à ma belle-mère, la perspective de la quitter me paraissait plus qu’heureuse. Je ne pouvais plus l’entendre me parler des nouvelles robes à la mode, et de la manière dont il me siérait le mieux de me coiffer. Toutes ces conversations futiles auxquelles j’avais dû feindre de l’intérêt commençaient à me donner la nausée.

En vérité, le plus difficile était de quitter ma terre natale pour un endroit qui, bien que m’étant totalement inconnu, me déplaisait déjà. J’avais beau savoir que je reviendrais une fois ce cirque finit, l’idée de devoir aller en pensionnat m’horripilait. Mais pas autant que la perspective de voyager en bateau… Ca, bon Dieu, je me demande comment j’ai fait pour y survivre. Le mal de mer est peu de choses comparé à l’idée que l’on pouvait faire naufrage. Heureusement que ma bonne était là pour me calmer et me prodiguer des soins, cette femme a été une sainte durant tous ces jours de voyage.

Une fois arrivées, il m’attendait une autre épreuve : la rencontre avec la famille. Certes, ils ont tous été très courtois et aimables mais je ne pu m’empêcher de penser qu’ils ne m’appréciaient guère. Certainement, ils devaient plus me voir comme un curieux monstre de foire. Enfin, ma tante me prodigua tout de même quelques conseils avisés sur la manière de se comporter en société : qu’il fallait éviter de faire part de son opinion auprès des autres personnes, tout spécialement quand elles sont plus âgées que nous, qu’il ne fallait pas se montrer aux autres les cheveux détachés,… Et qu’une crinoline requérait une manière particulière de s’asseoir pour ne pas tomber par terre et faire triste figure. Quelle idée d’avoir inventé cette chose qui nous fait ressembler à un plum-pudding et qui empêche tout mouvement !

Combien de temps aurais-je encore à supporter tout cela ?

Il y eut encore autre chose qui me perturba lors de ce maudit voyage. Au Portugal, certes ce n’était pas l’Afrique mais le temps n’était pas aussi maussade qu’ici, en Autriche. Cela ne m’étonne point si les autrichiens et les allemands aient l’âme mélancolique, aux vues de l’endroit où ils vivent… C’est une différence qu’on note parfaitement au fur et à mesure qu’on se déplace en calèche à travers l’Europe, du sud vers le nord.

Quant enfin on arriva à destination - et je crus que cela n’arriverait jamais, un élément égaya cependant mes espérances. Le domaine de Rosenschloss était réellement beau. Peut-être un peu pompeux pour un simple pensionnat. Cela m’avait rendue tellement contente que de séjourner dans une demeure si splendide qu’en j’en avais presque oublié la pluie et le froid.

Maria - ma bonne - avait elle aussi dû oublier le froid et la pluie, déjà elle se mettait à glisser sur la boue, maudissant tout le royaume d’Autriche ainsi que ses habitants.

- Voyons, laisse-moi t’aider. Ce n’est pas la peine de leur témoigner autant d’honnêteté : je suis bien certaine qu’ils ne le méritent pas.

Je savais pertinemment bien qu’il n’était pas convenable pour moi de porter mes malles, mais peu importait : je ne rechignait pas devant le travail à accomplir, moi. Une fois tous mes effets installés sur une charrette que les domestiques du château avaient fait venir - ils m'avaient regardée comme si je venais de Vénus ou de Mars, je me décidais à faire mes adieux à Maria.

- N’oubliez pas d’écrire au moindre problème, mademoiselle. Je suis sure que cela rendra votre tante heureuse que de vous aidez dans ce qu’elle pourra.

*Moi, je pense tout le contraire.*

- Ne t’inquiète pas. Je le ferais. Porte-toi bien chez ma tante.


Je lui fis un semblant de révérence et me dirigeais en courant vers l’entrée. Je savais pertinemment bien qu’elle resterait encore un peu pour s’occuper des derniers détails mais je préférais lui dire au revoir au plus vite, je ne tenais pas à la voir pleurer : cela n’aurait fait qu’empirer la situation.

Je pensais que j’étais seule mais bien vite je m'aperçu qu’une autre demoiselle était arrivée peu avant moi. Cela eut pour effet de me rassurer. Ce château était bien beau mais vide, il tenait plus du château hanté que de celui qu’on trouve dans les contes de fées. Je lui souris sans mot dire. Vu la tête qu’elle faisait, je préférais la laisser dans ses songes. Tout le monde n’est pas aussi indifférent que moi aux séparations…
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Kirsten

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MessageSujet: Re: Douloureuse séparation   Mar 14 Sep - 15:33

Kristen regardait la scène, incrédule. A n'en pas douter, cette jeune personne n'avait pas les manières d'une dame de la cour. Il ria intérieurement. Non qu'elle se riait de la situation mais plus qu'elle se reconnaissait par certain aspect. Certes elle avait appris à ne pas se faire voir...

Alors que Martha s'évertuait à donner les consignes aux domestiques du château, Kristen observait les gens qui s'affairaient autour des nouveaux arrivants. Pourtant, alors qu'on aurait pu imaginer la scène bruyante, les sons paraissaient comme étouffés, un peu comme si une atmosphère pesante régnait en ces lieux. Lentement, Kristen s'approcha de l'entrée en prenant soin de ne pas salir ses vêtements sombres.

L'intérieur du château paraissait comme le reflet de l'extérieur, froid, vide et pesant. Avec grâce elle se retourna sur la cour jetant un dernier regard à la voiture qui repartait au domaine Saberhagen. Un peu plus loin, une jeune femme s'approchait rapidement, le visage tourné dans sa direction comme pour éviter de croiser le regard des personnes qu'elle laissait derrière elle. Leurs yeux se croisèrent furtivement, la jeune inconnue esquissa un sourire qui surprit Kristen. Mais devant ce geste si naturel, elle ne pu que sortir de sa réserve et esquisser en retour un sourire sincère.

Alors que la nouvelle arrivante arrivait au niveau de Kristen, celle-ci décida de faire une entorse à toutes les conventions et lui dit d'une voix douce (En allemand) :

- Ne vous en faites pas, la séparation est difficile pour tout le monde, certaines personnes savent mieux le cacher que d'autres. Mais, il n'est jamais bon de trop cacher de choses.

Elle hésita un instant se demandant si les convenances lui permettait de s'approcher afin de la réconforter. Mais elle se ravisa et resta immobile. Réalisant qu'elle ne parlait peut être pas allemand, Kristen adressa simplement un dernier sourire à la jeune inconnue. Puis, tourna les talons afin de découvrir les lieux.

[Se dirige vers la Salle d'armes]
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Naàlia de Andrade Faria

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MessageSujet: Re: Douloureuse séparation   Mer 29 Sep - 16:03

Arrivée à la hauteur de la jeune fille en question, je ralentis mes pas. Il est vrai que je n’aime pas suivre les règles d’étiquette, mais cela aurait été réellement très impoli de la dépasser en courant. Et puis, pourquoi l’aurais-je fait ? Ce n’est pas comme si les premiers arrivés étaient les mieux servis. N’est-ce pas ? Et en vérité, je voulais déjà repartir. Mon enthousiasme à rentrer dans ce stupide château n’était qu’un prétexte pour fuir la pluie, la boue et le mauvais temps, en somme… Pas qu’il ne pleuve jamais en Afrique, bien au contraire. Mais même quand il pleut, la chaleur vous étouffe et la délicieuse odeur de terre mouillée mélangée aux senteurs sucrées des fruits exotiques fait en sorte que vous pardonniez aux nuages de se déverser sur vous.

Heureusement, la jeune fille à côté de moi ne semblait pas deviner mes tristes sentiments à propos de l’Autriche et de son climat misérable. D’ailleurs, elle me répondit tacitement avec un sourire gracile.

- Ne vous en faites pas, la séparation est difficile pour tout le monde, certaines personnes savent mieux le cacher que d'autres. Mais, il n'est jamais bon de trop cacher de choses.

Avait-elle lu en moi comme dans un livre ouvert ou étais-je devenue à ce point dépourvue d’attachement à qui-que-ce-soit à tel point que mon inhumanité semblait trop peu probable à mes semblables, qui me jugeaient d’après leurs propres sentiments ? Même Dieu ne devait pas avoir la réponse.

Cette remarque me surpris tellement par son contenu, que je ne remarquais même pas son inconvenance. Finalement, je n’étais sans doute pas la seule personne au monde à faire fis de l’étiquette. En voilà, une perspective réjouissante !

Je lui souris. Elle sembla hésiter quelques instants, restant immobile, puis elle décida de poursuivre son chemin, me laissant mi-confondue mi-joyeuse dans le hall d’entrée.

" Atchoum ! "

Il valait mieux se hâter de trouver un coin chaud et tranquille avant de se choper la crève dans les courants d’air.

{Sujet suivant : Le Vieux Cimetière}
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