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 Belle campagne ensoleillée !

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Sofia I. Kseverinova

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MessageSujet: Belle campagne ensoleillée !    Dim 29 Aoû - 14:54

Sofia, dans une robe très simple en lin, se dirigeait à pied vers le Monastère. Son patron, le Tavernier, lui avait demandé d'y aller pour passer la commandes de bières aux moines y résidant. C'était la première fois qu'il lui confiait cette tâche, il y allait habituellement lui-même pour négocier une baisse des prix et pour discuter des quantités. Mais cette fois, il avait été obligé d'aller à un rendez-vous, Sofia n'en savait pas l'objet mais s'en fichait éperdument, et il lui avait fait l'honneur de lui confier cette tâche. Elle n'allait évidement rien négocier, ni le prix, ni les quantités, mais elle avait une responsabilité ! C'était donc une jeune fille de bonne humeur qui s'élançait sur le pont. Le tavernier lui avait même promis une petite prime pour la tâche accomplie, qui tombait à pique, cela faisait quelques semaines que les clients se faisait plus rares ou plus radins.

Elle marchait donc gaiement à travers la campagne, bien qu'un peu fatiguée, bien que ses 'chaussures' lui fassent très mal au pieds. Le chemin, un peu caillouteux, n'était pas le meilleur pour une longue marche comme celle-ci, environ une heure, mais elle s'en fichait ! La vie allait bien, elle avait de quoi manger le soir, elle ne se plaignait pas ! Le tavernier était si généreux avec elle... Et en plus, il faisait presque beau ! Le soleil réchauffait la terre, malgré les nuages qui se jouaient de sa lumière, ce qui donnait des ombres et des contrastes très beaux.

Toutes les bonnes choses ont une fin, une voiture passa par là, soulevant autant de poussière qu'il lui était possible et passa en trombe à côté de Sofia, manquant de la renverser. La russe tomba, se rattrapa d'un genou sur sol, et sentit un cailloux s'enfoncer dans sa chair. La poussière entra dans ses poumons, et elle toussa violemment plusieurs fois, ravalant quelques injures bien senties. Elle se releva, regarda sa robe salie et trouée à son genou. Sans pudeur, elle la souleva pour inspecter son genou. Elle saignait un petit peu, mais rien de grave. Elle s'accorda une pause pour reprendre ses esprits. Elle reprendrait la route après.
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Katrin d'Anhalt-Dessau

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MessageSujet: Re: Belle campagne ensoleillée !    Dim 29 Aoû - 17:12

La journée commençait bien.

A peine levée par sa dame de compagnie, la jeune fille avait aperçu le magnifique soleil qui filtrait à travers ses rideaux de coton rose. La fenêtre entrouverte laissait filtrer un vent léger, agitant doucement les voiles de sa très longue chemise de nuit... C'était un jour idéal pour la promenade. Il fallait profiter des derniers jours de l'été, et la jeune Katrin, alias Brunhild comme elle se faisait appeler désormais, décida qu'il fallait saisir l'occasion.

Elle passa donc la majorité de sa matinée à se faire habiller, coiffer, puis, pimpante, très gaie, elle était descendue dans sa voiture, toujours en compagnie de sa duègne. Oui, elle allait faire une charmante ballade à travers la campagne environnante...! Elle avait toujours adoré explorer les environs, visiter les hôpitaux de charité, et, depuis qu'elle était enceinte, les différentes pouponnières d'Anhalt.
Mais il était vrai que depuis l'apparition de son agresseur, elle n'avait plus goûté le charme tranquille de ses promenades champêtres qui se terminaient toujours par un fabuleux pique-nique en compagnie de ses amies et de ses dames ... mais tout ceci allait recommencer. La jeune femme enceinte avait enfin l'esprit libre, sa dague était à portée de main, personne ne savait qui elle était... ici était un endroit sûr.

Le visage pressé contre la vitre, la princesse scrutait le paysage qui se déroulait comme un tableau magique devant ses yeux encore candides de toute jeune fille. Se découpant comme un ruban liquide, lançant des paillettes d'or au soleil qui se reflétait sur les arbres majestueux qui la bordait, la Smorodina longeait la route poussiéreuse qui menait au monastère. S'enfonçant toujours plus profondément dans la forêt pour l'heure amicale, bruissant des mille bruits, la voiture emportant Katrin et Sonja allait bon train, accompagné seulement du claquement vigoureux du fers des chevaux et de la voix bourrue du cocher.
La dame savourait cette paix retrouvée, elle qui avait les nerfs si fragiles depuis son empoisonnement ; paix qui vola bientôt en éclat lorsqu'une silhouette, apparue brusquement au détour d'un tournant, tomba au passage du landau. Poussant un grand cri, elle fit immédiatement arrêter sa voiture.
Et si cette malheureuse était morte ?! Blessée par une roue... elle en frémissait d'épouvante, et sitôt le véhicule arrêté, sauta littéralement en dehors, malgré les ordres de sa compagne, inquiète à l'idée que sa maîtresse put subir pareil spectacle - imaginez, une miséreuse mourante, ce ne serait qu'un peu plus de pain pour le reste de la populace... plutôt une bonne chose au final.

Et c'est ainsi qu'une jeune fille en crinoline de mousseline blanche et verte, au col de dentelle de Calais, releva une jeune femme d'aspect infiniment plus modeste. Plongeant ses yeux d'un vert intense dans ceux de la prostituée avec une inquiétude sincère, Katrin s'adressa à l'inconnue dans son allemand raffiné, peut-être un peu éloigné du parler plus modeste des gens du peuple.


- "Frau ?! Allez-vous bien ? Seriez-vous blessée ?! Oh, j'ai eu si peur !"

Troublée par son angoisse presque maladive, la jeune fille ne remarqua pas que sa dame de compagnie s'était rapprochée d'elle, pas plus que le cocher, qui contemplait d'un air un ahurie cette bourgeoise qui s'inquiétait autant du sort d'une inconnue.
Mais comment laisser une autre personne dans la détresse lorsque l'on avait tant peur déjà soi-même pour sa propre vie ?


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Sofia I. Kseverinova

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MessageSujet: Re: Belle campagne ensoleillée !    Dim 29 Aoû - 19:31

Étant déstabilisée, Sofia ne vit pas que la voiture s'arrêtait et qu'une noble dame en descendait. Elle regardait la plaie sur son genou, pour enlever de possibles saletés qui infecterait son genou. La poussière s'était bien infiltrée dedans... Sofia soupira et sentit des mains la soulever. Surprise, elle se laissa faire, par habitude. Une fois debout, elle observa l'âme charitable qui l'avait aidée et sursauta en voyant une si belle jeune dame. Prudemment, elle recula de quelques petits pas, son cœur s'accélérant sensiblement. Une femme du grand monde, cela se voyait, c'en était une. Et elle relevait une prostituée, s'inquiétant même pour elle.
Le regard des yeux émeraudes s'enfonça dans le sien. N'arrivant pas vraiment à décrypter l'intention de la femme, une femme telle qu'elle ne relevait pas une pauvre fille pour rien... si ?, Sofia baissa les yeux, fuyant le regard inquisiteur.

- "Frau ?! Allez-vous bien ? Seriez-vous blessée ?! Oh, j'ai eu si peur !"
"Pardonnez-moi, je ne veux pas vous importuner. Je vais bien, ne vous inquiétez pas pour moi."

*Je n'en vaut pas la peine...*

Sofia vit deux autres paires de pied s'approcher, elle recula encore. Que voulaient-ils donc ? Elle n'avait rien fait... Ils voulaient peut-être de l'argent, elle avait probablement abîmé leur voiture. Mais elle n'avait rien sur elle... Comment allaient-ils le prendre ? Qu'allaient-ils lui faire ? Elle aurait bien fui en hurlant mais ce n'aurait pas été polie.

"Je suis vraiment désolée, votre voiture... Si j'ai causé quelques dommages que ce soit, je vous rembourserais, je vous le jure !"
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Katrin d'Anhalt-Dessau

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MessageSujet: Re: Belle campagne ensoleillée !    Lun 30 Aoû - 6:24

La jolie jeune dame en question haussa les sourcils en voyant son interlocutrice reculer, baisser la tête, prononcer des paroles insensées.

Rembourser les dégâts de sa voiture ..? Katrin parcourut rapidement l'inconnue du regard, détaillant en un instant la silhouette gracile, terriblement maigre, les yeux sombres aux reflets chatoyants, l'absence de chapeau de la demoiselle et sa robe défraichie, réduite à l'état de loque, déchirée au genou, souillée d'un peu de sang et poussière ; et notre jeune dame frémit à l'idée d'une pareille pauvreté et de sa responsabilité dans toute cette histoire.

C'était son imbécile de cocher le véritable responsable. Un idiot maladroit, pas même capable de conduire une voiture sans renverser des gens...! Là était le véritable scandale, tout comme cette créature bien plus maigre qu'elle n'avait jamais vu. Dans sa principauté d'Anhalt, dans la ville fortifiée de Waldeck, là où notre petite souveraine incognito était née, les policiers devançaient toujours sa voiture, chassant mendiants et filles de joie, criant place pour lui épargner toute rencontre désagréable, et jamais, au grand jamais, elle n'avait vu pareille misère se profiler ainsi au grand jour. Choquée, elle lui prit la main dans un grand geste de commisération, s'obligeant à un sourire plein de douceur, bien que l'idée de la fuite fut de celles qui traversa sa petite tête écervelée.

Surmonter son dégoût et s'astreindre à une bonne action ; c'était bien le moins lorsqu'il était notoire que vous portiez la responsabilité de la maladresse criminelle de votre stupide cocher. Lui, elle le ferait renvoyer dès que tout ceci serait terminé.

D'une voix douce, mais ferme, la jeune dame enceinte reprit la parole, tentant alors de calmer la peur sourde qui émanait des propos de sa compagne.

-"Que non point, Frau, il n'est pas question de rembourser. Toute la faute m'en incombe, j'en ai bien peur... Je vois que vous êtes blessée, il vous faut aller voir le médecin ! Nous allons vous conduire. Mon médecin personnel est au château, il est très compétant...

Ah non. Deux mots, et déjà, une bourde. Une bourgeoise avait-elle son médecin attitré ? Elle n'en savait rien, mais décida brusquement que oui. Lorsque l'on voyait toutes ces péronnelles parvenues qui s'essayaient à l'imiter, suivant la mode au détail près pour pouvoir jouer de plus près avec la noblesse, il était bien probable qu'elles se donnent aussi de grands airs avec leur "santé fragile" pour mieux piéger les jeunes étourneaux de la noblesse.


-"Donnez-vous la peine de monter, Frau. Je ne peux pas vous laisser au bord de la route quand je vous ai réduit en guenille, c'est impensable. Et vous avez perdu votre chapeau... O non, décidément c'est aussi une affaire d'honneur. Fried, aidez mademoiselle à s'installer."


Le cocher s'avança en bougonnant entre ses lèvres épaisses. Tout de même, une prostituée... On n'avait pas une idée pareille lorsque l'on avait deux sous de jugeote. La mine goguenarde, il fixa Sofia de haut en bas, une lueur égrillarde luisant un instant dans ses yeux gris. Puis sa main se referma sur le poignet délicat de cette dernière, prêt à l'emmener dans la voiture.

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Sofia I. Kseverinova

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MessageSujet: Re: Belle campagne ensoleillée !    Lun 30 Aoû - 10:40

[ HRP : Attention, Katrin et ses domestiques ne sont pas censés savoir que Sofia est prostituée (ses habits bien que pauvres sont sobres et ne le laissent pas deviner), si ils ont eut un moyen de l'apprendre, en allant à la Taverne par exemple, il est utile de la préciser... Bref, pas grave pour cette fois... ]

Sofia sentit une main prendre la sienne. Dans crainte respectueuse, elle eut l'envie d'enlever sa main mais réussit à se retenir au dernier moment. Tendue comme elle était, elle fut surprise de voir un sourire, qui n'avait rien de cruel ou de diabolique, comme elle s'y attendait presque, sur la visage de la Dame. Ce sourire était véritablement amical, Sofia essaya de se détendre, mais elle restait crispée, et de rendre le sourire, une esquisse de sourire timide.

Sa surprise ne s'arrêta pas là, l'interlocutrice lui parla, de la voix de ceux qui ordonne et qui ont l'habitude qu'on leur obéisse, ceux qui sont quand même juste, avec un fond de voix calme, sans abus du pouvoir qu'ils possèdent. Et elle lui formula ce qui sembla être des excuses. Du moins, Sofia supposa que, pour un noble, proposer son médecin personnel quand on vient de renverser quelqu'un était une forme d'excuse.


*Médecin... personnel ?*

Le cœur de la petite russe s'accéléra encore. Ce devait vraiment être quelqu'un de très important pour qu'un médecin soit engagé pour veiller à sa seule santé. Même si Sofia ne faisait pas vraiment la différence entre une bourgeoise qui se donnait des genres et une princesse, c'était, pour elle, de toutes façons, des gens qu'elle devait respecter, admirer, et ne surtout pas déranger. Avec les hommes, ce n'était pas pareille, elle voulait en mettre un dans son lit et l'y garder, et puis, par habitude peut-être aussi, elle savait comment les prendre. Mais ces femmes du monde... Surtout, elle ne voulait pas en contrarier les projets. Elle répliqua alors :

"Je vous remercie de votre gentillesse, mais je veux pas vous déranger... J'irai laver ma plaie au ruisseau et il faut que j'aille passer une commande au Monastère pour mon patron. Il serait furieux si je revenais sans l'avoir faite !"

La jeune femme sembla balayer ses arguments sans y prêter la moindre importance. C'est vrai qu'une femme telle qu'elle ne travaillait pas, et ne devait pas comprendre l'importance de celui-ci pour les petits gens. Elle ne pouvait pas non plus savoir que le Tavernier, bien que très généreux, pouvait s'énerver si le travail était oublié ou mal fait, et ses mains puissantes donnaient des gifles très motivantes pour s'appliquer à la tâche. Mais la jeune femme parla d'honneur, Sofia n'était donc là que pour soulager la conscience des nobles ?, de chapeau, qu'elle n'avait jamais eu. Le cocher s'approcha d'elle avec une expression qu'elle ne connaissait que trop bien. Il lui prit le poignet et l'emmena à la voiture. Sofia chuchota un dernier argument :

"Je vais salir votre belle voiture..."

Elle n'y mettait pas vraiment de ferveur, la noble dame semblait décider et elle ne voulait pas risquer de se montrer irrespectueuse. Elle grimpa donc dans la voiture, essayant de toucher le moins possible les tissus précieux qui tapissait l'habitacle, tâche compliquée puisqu'il y en avait partout, absolument partout.
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Katrin d'Anhalt-Dessau

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MessageSujet: Re: Belle campagne ensoleillée !    Mar 31 Aoû - 17:29

[Le cocher n'est pas logé au château, mais il est plus naturel qu'il dorme dans la taverne, voire l'écurie de la taverne. Mais il n'a aucune raison de rapporter ce genre de choses sa maitresse ni à sa dame de compagnie, qui vont probablement l'envoyer bouler s'il parle de ce genre de choses ^^ Je me permet de rappeler également que les femmes qui ne portent pas de chapeau sont considérées comme des prostituées :p ]

La jeune fille était remontée à son tour dans la voiture, et s'efforçait de maitriser son souffle. Elle avait tenue à ce que personne ne devine encore son état, et avait fait lacer son corset en conséquence : au maximum. Et elle en payait le prix, maintenant que son souffle s'était accéléré sous l'inquiétude et l'indignation conjointe.
La voiture n'attendait que son ordre pour partir, ce dont elle ne fut pas capable tout de suite. La main posée sur sa poitrine, concentrée sur sa respiration, la jeune noble réfléchit rapidement au problème de la victime de la maladresse de son cocher.
Son travail... mais quelle importance, lorsque l'on parlait de santé ! Bien que cette dernière semblait étrangement plus gênée que malade ; et brusquement, Katrin se demanda si elle avait bien fait de la faire monter avec elle et sa duègne. Elle ne pouvait tout de même pas laisser une femme se promener en public dans sa robe trouée - par sa faute, indirectement, mais dont elle avait l'entière responsabilité - mais il était maintenant évident que son interlocutrice (et tout le personnel du château) trouverait la situation étrange Sans compter que son idiot de médecin pourrait faire une bourde, anéantissant par là tous ses efforts pour protéger son anonymat. Des rumeurs risqueraient de circuler, et puis... et puis, quoi ? Cette fille avait presque son âge. Elle ne faisait pas partie des indigents à qui elle faisait l'aumône chaque semaine, chez elle ; non, elle avait plutôt un air craintif mais fier... Cela serait maladroit de l'embarrasser, alors qu'elle ne voulait que compenser l'erreur stupide de son cocher.

Ah, une idée ! Lumineuse, il fallait l'avouer. Les joues d'albâtre de la princesse rosirent légèrement, signe qu'elle était fière d'elle. Avec un grand calme que démentait le tremblement chronique de ses mains, conséquence directe de sa difficulté à respirer, elle reprit la parole. Comme elle aurait aimé pouvoir raconter tout cela à son mari directement !


- "Frau, je vous propose quelque chose. Je comprend que votre travail soit important.. aussi, je vais vous faire conduire au moulin, où pourrez y délivrer votre message. Et.. si vous avez le temps, vous pourrez peut-être nous faire découvrir les environs, à ma dame d'hon... à ma dame de compagnie et à moi-même. Nous n'aurons qu'à envoyer le cocher dire que je requiers vos services, et vous serez libre ! Vous verrez, nous passerons un après-midi charmant. Oh, c'est moi qui vous prie de dire oui !"

Voilà, c'était dit. Très droite, Katrin souriait avec enthousiasme de son plan génial : d'une aumône, l'argent qu'elle lui donnerait pour se racheter une robe décente et un autre chapeau devenait un paiement ! Et l'occasion, par là, de découvrir les autochtones en faisant une bonne action, tout en s'amusant.
Se collant contre la banquette de velours rouge, la jeune fille guetta la réaction de son interlocutrice... ignorant volontairement le regard choqué de sa compagne qui s'efforçait désespérément de faire bonne figure.

Quelle journée délicieuse décidément !

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Sofia I. Kseverinova

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MessageSujet: Re: Belle campagne ensoleillée !    Mer 1 Sep - 10:54

La Dame monta aussi dans la voiture suivi de sa dame de compagnie, accentuant encore la sensation de gêne et d'enfermement. Sofia n'aimait pas être là, ce n'était pas sa place ni son monde. Elle essayait de se faire le plus petite possible, sans oser regarder autour d'elle. Elle ne vit même pas que la demoiselle était essoufflée, pour quelles raisons ? La jeune russe était concentrée sur ses chaussures, cachant sa blessure avec sa main, plus ou moins consciemment. Elle sursauta presque quand la jeune femme recommença à parler avec enthousiasme.
Elle lui proposa de passer l'après-midi en sa compagnie.


* ... *

La russe resta sans voix, elle ne comprenait absolument pas la requête de la noble. En quoi passer un après-midi avec elle serait quelque chose d'agréable ou du moins sujet à convoitise ? Au moment où elle se trompa sur le lieu où elle devait apporter son message, la jeune fille murmura 'Monastère' suffisamment bas pour ne pas qu'on ne l'entende. Mais sinon, la fille de joie ne comprenait vraiment pas. Elle était une prostituée à la fin ! Elle n'avait pas à traîner avec les dames du monde. Du moins jusqu'à son mariage avec un noble. Qu’elle voulait avoir bientôt, mais ça c’était une autre histoire. Pas qu’elle ne serait pas enchantée d’avoir une demi journée de repos, plus ou moins.

*Alors ? Accepte !*

« Avec plaisir, ma Dame. Je serai ravie de vous montrer le Monastère et le village. »

Son ton était neutre, malgré son angoisse. Elle avait casé aussi la correction sur sa destination. Ce n’était pas bien important, puisqu’il n’y avait aucun moulin dans les environs, mais au moins elle avait corrigé sans blesser ni vexer la noble, qui aurait pu très mal le prendre.


[Désolé, c'est un peu court =__=]
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Katrin d'Anhalt-Dessau

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MessageSujet: Re: Belle campagne ensoleillée !    Mer 1 Sep - 14:18

Naïvement, la jeune fille faillit battre des mains de joie anticipée, avant de se raviser, posant sagement ses mains sur le tissu délicat de sa robe. Elle avait parfois tendance à oublier la dignité qui incombait à une femme mariée, à une dame de son rang ; elle n'était plus une enfant, elle était tout à fait une adulte, désormais.
Découvrir qu'il y avait un monastère n'était pas vraiment une surprise. En réalité, c'était ce qui avait définitivement arrêté son choix sur ce pensionnat : l'importance de la religion était primordiale ! Son mari ne l'aurait pas envoyé dans une région aussi retirée pour que l'âme de son enfant et la sienne propre fut en danger, pour leur simple préservation physique.
Katrin ne savait plus pourquoi elle avait tout d'abord cru que ce chemin menait au moulin. Mais qu'importait, elles auraient ainsi peut-être l'occasion de visiter le cloître... D'ailleurs, la jeune fille qui lui faisait face travaillait peut-être pour eux. Non, elle avait passer une commande pour son employeur... probablement une servante, peut-être du Baron d'Hingenheim ?

Elle se remit à parler avec animation, ignorant le manque de répondant de son interlocutrice et le silence fermé de sa compagne, pour elle-même, parce qu'elle était heureuse, confiante, et que cette vie, qu'elle avait peu à peu renfermée en elle-même depuis quelques semaines, rejaillissait avec une douce violence qu'elle n'avait plus envie d'étouffer.
En même temps, la voiture s'était ébranlée, et roulait bon train sur le chemin de terre battue, soulevant des nuages de poussière qui venaient mourir sur les fenêtres, obscurcissant la vue imprenable sur la Smorodina. Impossible de voir quoi que ce soit... Avait-on jamais vu quelque chose de plus encombrant qu'une voiture dans la rase campagne ? Non, ce qu'il aurait fallu, c'était un cheval... Mais de là à ce qu'on l'autorise à le monter, rien n'était moins sûr au vu de situation !

-"Oui, vous avez raison, Frau, c'est un monastère. Suis-je écervelée ! J'en ai déjà visité un... Nous avons du y dormir, alors que nous voyagions pour aller chez mon futur époux, avec ma famille. Pour qui travaillez-vous ? Quelqu'un du village ? Vous avez de la chance de vivre ici, c'est tellement magique ! Dans la ville d'Anhalt, nous ne bénéficions pas de la même vue."

Katrin stoppa un instant sa logorrhée verbale pour laisser sa nouvelle connaissance répondre. Qu'il était amusant de se faire passer pour une bourgeoise, pour pouvoir parler au peuple à l'aise... Elle n'avait pas l'air ni sauvage ni dangereuse, cette jeune femme, juste un peu perdue sur son siège. Avec un sourire amical, la princesse essaya encore de la mettre plus à l'aise.


-"Je suis décidément bien étourdie... Je vous présente ma dame de compagnie, Frau Sonja-Cäcilie..."

Une expression de malaise passa sur son jeune visage, puis Katrin se remit à parler, une brusque rougeur envahissant ses joues pâles rapidement.

-"Studdert. Et je m'appelle Brunhild Merrigen. Et vous, mon enfant ? Puis-je connaitre le nom de notre guide de la journée ?"

Aussi brusquement que la rougeur était apparue, elle s'effaça, pour laisser place à une blancheur livide. Posant une main sur son cœur, la dame mariée sembla se rapetisser sur son siège, écarquillant ses yeux verts avec une expression proche de celle, effarante, de la souffrance. De difficile, sa respiration devint haletante et précipitée...
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Sofia I. Kseverinova

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MessageSujet: Re: Belle campagne ensoleillée !    Sam 4 Sep - 15:09

[Désolé pour le retard de ma réponse, et je te préviens tout de suite, comme je ne suis plus en vacances, mon rythme RP risque de ralentir mais je vais essayer de te faire au moin s une réponse par semaine. Plus si je peux évidement !]

Sofia ne répondit à aucunes des phrases que la demoiselle disait, bien qu'elle écouta avec attention, ne voulant pas faire d'erreur par inattention ou par manque de concentration. De son histoire, elle savait qu'une telle erreur pouvait être fatale avec des nobles comme celle qui se tenait devant elle. Quand elle présenta sa dame de compagnie, la russe leva enfin un peu les yeux, pour jeter un œil sur l'intéressée, pour incliner la tête en guise de salut et d'acquiescement.
En fait, elle se décida à regarder vraiment Dame Merrigen quand elle se présenta avec une voix bizarre, avec un certain malaise. Elle la voyant, Sofia comprit tout de suite que ça n'allait pas du tout. La pauvre jeune fille ne connaissait rien aux maladies et à la médecine en général et elle était beaucoup trop jeune pour comprendre les symptômes qu'elle aurait peut-être un jour. Mis à part les plantes qui empêchait de tomber enceinte, elle n'avait aucune compétence. Elle tourna le regard vers la dame de compagnie, yeux ronds effrayés, avec le regard mi espérant mi suppliant que celle-ci sache quoi faire. Elle aurait bien voulu pouvoir soutenir Dama Merrigen mais elle n'oserait jamais la toucher.


*Aïe... Si il lui arrive quelque chose, je vais avoir des problèmes...*

Sofia n'en voulait pas, de problèmes, car elle avait déjà du mal à vivre quand elle n'en avait presque aucun. Elle espérait que la dame se remettrait d'elle-même ou quelque chose. Faites qu'elle aille mieux, bon dieu ! Le cocher et la dame de compagnie, contrairement à leur maîtresse, n'appréciait guère la jeune fille et il y avait de grande chance pour qu'elle l'accuse des maux de la noble. Pensant cela, Sofia palissait presque autant que la jeune femme.

"Vous... Vous allez bien ?" à la dame de compagnie "Je peux aider à quelque chose ? Dites moi..."
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Katrin d'Anhalt-Dessau

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MessageSujet: Re: Belle campagne ensoleillée !    Lun 6 Sep - 19:04

Dire que Katrin ne se sentait pas bien était un doux euphémisme. Les soubresauts de la voiture lui retournait le cœur ; une nausée montait désagréablement dans son estomac trop compressé, tandis que des vertiges lui donnait l'impression de tourbillonner, comme une feuille morte perdue dans une tempête.
Sa tête brune s'affala sur le porte-tête de velours rouge, heurtant une petite boule de soie qui ornait le côté de chaque place. D'un geste faible, qui sembla lui coûter beaucoup d'énergie, elle leva sa main, avant de la laisser retomber sur son ventre, d'un geste crispé.

Le bébé ! Seigneur, étais-ce son enfant qui lui causait son malaise ? Forcément. Il y avait déjà eu quelques nausées auparavant, mais jamais aussi fortes. Jamais encore elle ne s'était sentie faible. Que cette maudite voiture s'arrête ! MAINTENANT !

La jeune fille enceinte ferma ses yeux verts, la sueur coulant sur son front blanc, tandis que sa dame de compagnie criait d'une voix rendue suraiguë par la terreur qu'il fallait s'arrêter immédiatement. Oubliant totalement la paysanne assise en face d'elle, elle ouvrit rapidement l'aumônière de sa maitresse, avant d'en extirper un flacon de sels. Le brandissant sous le nez de cette dernière, elle attendit désespérément une réaction, qui vint bientôt sous la forme d'un mouvement brusque de la part de Katrin, qui voulait manifestement se lever.
D'un ton qui ne souffrait aucune réplique, la compagne de la jeune princesse ordonna à Sofia d'ouvrir la portière, avant de réclamer son aide pour porter la dame souffrante à l'extérieur.
Mon dieu, que faire ?! Pour en peu, elle perdrait ses cheveux, et se rongerait les ongles malgré les gants qui la protégeait pudiquement des rayons du soleil. Elle jeta un coup d'œil à sa compagne - une paysanne déguenillée - et au cocher - un ivrogne abruti - et faillit fondre en larmes devant l'absurdité de la situation. On ne pouvait pas laisser sa maitresse sur cette souche, pas plus qu'on ne pouvait la faire remonter dans sa voiture pour aller quérir d'urgence un médecin.
Il était absolument impensable que l'inconnue, cette petite servante de rien du tout (ou on ne savait trop quoi...) aille au château et réclame l'aide du médecin personnel de son Altesse. Déjà elle ne pourrait pas rentrer au pensionnat, et en admettant qu'on admette sa présence - rien n'était moins sûr - il n'était absolument pas certain que cette idiote réussisse à expliquer correctement ce pour quoi on l'envoyait. Elle était déjà incapable de prononcer trois syllabes sans bégayer !

Non, il n'y avait malheureusement qu'une seule chose à faire... Y aller elle-même, en ordonnant au cocher de fouetter les chevaux, quitte à les faire mourir d'épuisement. Ce n'était que des chevaux ! ... Et jamais le seigneur et maitre d'Anhalt ne lui pardonnerait d'avoir mis en danger sa progéniture pour quelques instants d'égarement.
D'un geste vif, sa crinoline bleu pâle frissonnant à chaque mouvement, la dame de compagnie se tourna vers Sofia. D'une voix tonnante, les yeux foudroyants d'un éclair impérieux et hautain, elle paraissait au comble de la colère.


- "Toi ! Tu vas veiller sur Frau Merrigen. Jusqu'à que je revienne, tu répondras de sa santé sur ta vie, je puis te l'assurer. Ne la quitte pas des yeux et sois-lui agréable. Tu peux la tamponner avec de l'eau ou je ne sais... Je reviens avec le médecin de ma maitresse. Tu as intérêt à la protéger, ou lorsque je te rattraperai, je te ferai pendre haut et court !"


Rassemblant ses jupes sans attendre de réponse, cette dernière coula un regard plein d'inquiète sollicitude à sa toute jeune protégée qui semblait au seuil de l'inconscience, puis monta dans la voiture avec célérité, qui partit bientôt en quête d'un endroit où faire demi-tour sur cette petite route.
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Anselme von Habsbourg

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MessageSujet: Re: Belle campagne ensoleillée !    Ven 10 Sep - 19:26

    Le temps était radieux ! On avait peine à croire, qu’hier encore le temps était froid et à la pluie. Bon, radieux, radieux… Il y avait tout de même quelques nuages, mais cela n’en rendait la lumière que plus intéressante. Charmé, le jeune prince eut tôt fait de se vêtir – chaudement cela va de soit – puis attrapa son nécessaire à aquarelle, une flasque qu’il remplit d’eau et un bon calepin. Tout cela fut mit en hâte dans une besace avant que le jeune Habsbourg ne dévale les escaliers quatre à quatre. Il ne prit même pas la peine de prendre de collation, ni même de provisions pour sa petite expédition. Arrivé aux écuries, il demanda au premier lad venu de lui préparer son hongre couleur de jais et si possible rapidement. Le garçon s’exécuta avec célérité, enviant secrètement ce prince pas si différent de lui si ce n’est par la naissance. Son comparse lui, avait la tête toute dédiée au plaisir qu’il allait prendre à explorer et croquer cette nature sauvage environnante.

    Il eut tôt fait de quitter le domaine des roses, ne se rendant pas compte de son imprudence à sortir ainsi seul, sans avoir prévenu quiconque de son escapade. Peut être qu’une minuscule partie de lui-même s’en souciait, lui dictant qu’il était vraisemblablement plus prudent de sortir accompagné dans le cas où l’une de ses crises surviendrait, mais il n’en eut cure. Le soleil était déjà haut dans le ciel, il n’y avait pas de temps à perdre. Et puis cette lumière… Ne risquait elle donc pas de disparaître à tout instant ? Pas de temps pour s’embarrasser de détails futiles ! Il frémit cependant lorsque la brise de fin d’été vint le balayer. Dieu qu’il ne faisait pas chaud dans cette vallée ! Il resserra les pans de son manteau, puis s’élança au petit trot sur le chemin. Il se demandait encore où aller, lorsqu’il aperçu le ruban scintillant de la Smorodina en contre bas. Un moment au bord de la rivière, voila qui serait plaisant. Puis, il était sûr d’y trouver sujet à dessiner, ne serait ce que par la faune aquatique.

    Il s’arrêta sur la route, profitant d’un point de vue superbe sur la vallée pour sortir crayons et pinceaux. Il ne fit pas attention au temps qui passa, laissant le frison paître à son gré dans un pré voisin, absorbé totalement par son travail. Il n’avait donc pas vu la voiture de Frau Merrigen descendre la route. Il finit par ranger son œuvre peu satisfait, puis reprit la route.
    Quelle ne fut pas sa surprise de rencontrer une voiture qui passait en trombe dans le sens contraire. Il dut même faire une embardée à son cheval pour éviter tout risque de collision. Quel manque de courtoisie ! Un vrai danger public se coché. Si jamais il avait vent du nom du propriétaire de l’attelage, il entendrait parler de lui ! Heureusement que sa monture était d’un naturel calme, car sans cela il serait sûrement à terre à l’heure qu’il était. Mais qu’importe, il continua sa route pour finalement tomber sur une scène peu courante.

    Une jeune fille, toute frêle et court vêtue ? Non, ce n’était pas vraiment cela. Sa tenue semblait plutôt en piteux état. Elle était tête nue, sans doute une fille de mauvaise vie, et semblait s’agiter auprès d’une autre personne. Une autre jeune femme ? Oui et celle-ci semblait bien plus fortunée que la première, et accessoirement, plus mal en point. Il talonna sa monture et se porta à hauteur des deux jeunes femmes. Toutes deux semblaient plus jeune que lui, il reconnu même la pensionnaire. Il l’avait croisé fugacement lors de son arrivée. Frau… Fraülein ? Quel était son nom déjà ?
    Il descendit de cheval et se pencha vers la dame. Elle était inconsciente. Il fouilla tranquillement dans sa besace, en sortant le calepin et la petite flasque d’eau.

    « Que s’est il passé Fraülein ? » Il s’adressa d’un ton calme, mais néanmoins ferme, à la petite fille de rien tout en venant soutenir la jeune dame. Il sortit un délicat mouchoir brodé et l’humecta avant de passer celui-ci sur les tempes de la belle endormie. Puis il se servit de son calepin comme d’un éventail, afin de faire un peu d’air pour la demoiselle en détresse.

    « Si ce n’est trop vous demander, Fraülein, j’aimerai que vous continuiez à l’éventer… S’est elle plainte d’un mal quelconque ? » Il lui tapota les joues, espérant la ramener parmis les vivants.
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Katrin d'Anhalt-Dessau

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MessageSujet: Re: Belle campagne ensoleillée !    Dim 3 Oct - 11:00

[A défaut d'une réponse de Sofia, je me permet de présupposer de sa réaction. Anselme et moi avons envie de jouer ^^]

Une sensation fraiche la ranima. Au creux de la tempe, elle avait la délicatesse d'une plume et l'action bienfaisante que seule pouvait procurer une main secourable et attentionnée.
Un petit vent frais venait fouetter son jeune visage, par vagues ; et un chœur de voix inconnues parvint à ses oreilles.
Elle se sentait bien mieux, désormais. Mais le monde lui apparaissait encore comme lointain, étranger à son propre être, et prononcer un mot semblait au-dessus de ses propres forces. Comme à travers un voile de coton, Katrin entendit les bégaiements confus de la petite servante qui tentait d'expliquer avec force gestes qu'elle ne savait absolument rien du malaise qui avait frappé "sa Seigneurerie" et que "l'autre dame" allait revenir avec un médecin. Mais que si "Son Altesse" s'y connaissait, elle pourrait alors partir, peut-être ?
Une voix de jeune homme lui parvint, et elle se raidit, posant la main sur son ventre dans un réflexe de protection. Cette idiote semblait vouloir la laisser seule avec un inconnu ?! Il n'attendait peut-être que ça pour l'achever avec tranquillité ! Non, non ! Elle ne se laisserait pas faire ! Son empoisonneur... peut-être le meurtrier de son mari maintenant ? Elle n'avait pas eu de nouvelles...

La détermination lui fit ouvrir les yeux et se redresser, bien que de violents vertiges se furent emparés d'elle au moment même où elle avait accompli cette sottise.
Elle voyait trouble.

Il fallait que cette femme reste. Pitié, qu'on ne la laisse pas seule...


-"Je vais bien. Je vais bien... Je voudrais aller au bord de l'eau. Il fera plus frais... J'ai.. j'ai besoin de vous deux..."

Un sourire forcé. Elle se sentait toute décoiffée, les sens brouillés. Elle ne parvenait toujours pas à distinguer clairement l'homme qui se trouvait devant elle, mais cela n'avait plus d'importance. Au moins, elle prouvait au monde que les dames d'Anhalt savait se montrer courageuses. Pleines de dignité ! Et puis, ce n'était qu'un gros malaise, probablement conséquence de son éprouvant voyage. Voir de son empoisonnement. Félon !

-"Monseigneur... Je vous serai gré de ne rien révéler de... de ma faiblesse. Je fais partie du pensionnat.... de Roseblume."

Elle se sentait de mieux en mieux. Sa vision s'éclaircissait, enfin. Elle put promener son regard d'émeraude sur son interlocuteur, le reconnaissant presque aussitôt. Ses joues se teignirent violemment de rouge. Le tissu de sa robe claire ne devait pas couvrir ses bottines, jambes tendues ; et un réflexe de pudeur lui fit fléchir ces dernières. Il ne manquait plus que son cousin ne la prenne pour une de ces créatures mystérieuses et légères qui peuplaient les taverne, créatures pour le moins perdues dans les ténèbres.

-"Votre Altesse... hum. Quel plaisir de vous voir ! Excusez-moi... Je .. je suis tombée et.. évanouie... c'est stupide, vraiment !"

Lui avouer qu'elle avait un enfant ? Plutôt mourir. Il n'était pas au courant qu'elle était mariée, et puis, ce sujet ne regardait en aucune manière les hommes. Plutôt mourir dans la honte et le déshonneur ! Quoique... peut-être pas.
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Anselme von Habsbourg

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MessageSujet: Re: Belle campagne ensoleillée !    Sam 16 Oct - 23:22

    La jeune fille semblait étrangement mal à l’aise, en même temps il y avait de quoi : laissée seule avec une jeune femme issue d’une classe sociale bien plus élevée que la sienne qui tenait plus de la morte que de la vivante. Elle semblait bien dépenaillé et ne portait aucune coiffure, elle vivait sans doute dans le plus grand dénuement ou alors… Mais peu importe. Elle voulut l’abandonner avec la Dame, prétextant qu’il avait l’air de s’y connaître bien mieux qu’elle. C’est alors que la jeune pensionnaire repris connaissance. Elle allait bien… Et lui était empereur d’Autriche tiens ! Bon certes, il en était le frère, mais il ne l’était point.

    « Doucement Fraülein, doucement. Je vous conduirai où vous voudrez, mais prenez le temps de vous remettre un peu avant. »
    Il passa une main dans son dos, l’aidant à se redresser sur son séant. Elle n’avait vraiment pas l’air fraîche là. Il attrapa sa besace et y chercha la flasque. Elle n’y était pas. Ah oui ! Il l’avait déjà sortit pour humidifier son mouchoir quelques minutes avant. Il l’attrapa et la présenta à la jeune femme.

    « Tenez, vous devriez boire un peu… Je vous ai reconnu, nous suivrons sans doute quelques cours ensemble. »

    Il lui fit un beau sourire. Elle semblait terrorisée, il voulait la mettre en confiance.

    « Rassurez vous, je ne parlerai pas de votre malaise. Vous avez ma parole. »

    Son regard tomba sur les chevilles de la demoiselle. Il resta un instant à observer ce détail incongrue et indécent. Il savait qu’il aurait du détourner le regard, mais sa tête ne lui obéît que lorsque la Dame cacha ce détail de son anatomie. Trop tard en somme. Il sentit une douce chaleur envahir ses joues. Diable ! Le voila qui se mettait à rougir maintenant ! Bon, se reprendre et vite. Heureusement qu’en réalité, celles-ci avaient seulement rosit légèrement. Mais son trouble fut notable.

    « Ce… Ce n’est rien. Comme je vous l’ai dit, vous avez ma parole que je ne dévoilerai pas votre faiblesse. Sinon, c’est un plaisir de vous revoir aussi pour ma part. »

    De nouveau, il présenta ce visage fier, au sourire charmant et respirant la confiance en lui. Les apparences étaient primordiales et il n’allait certainement pas se laisser aller devant la première jeune femme venue. Il se redressa et tendit une main secourable afin d’aider la demoiselle à se relever.

    « Une promenade au bord de l’eau vous tente toujours ? » Il se tourna vers la jeune paysanne, l’invitation s’adressant aussi à celle-ci puisqu’elle était restée.
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Katrin d'Anhalt-Dessau

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MessageSujet: Re: Belle campagne ensoleillée !    Sam 22 Jan - 11:29

La jeune fille se redressa, pour se lever tout à fait avec l'aide de son cousin.

Bien qu'elle se sentît toujours peu sûre sur ses deux pieds et qu'il semblait à Katrin que sa lourde robe l'entrainait inéluctablement vers le bas, il fallait avouer que son état s'était amélioré, un instant revigoré par la minuscule gorgée d'alcool qu'elle avait avalé l'instant précédent, avec autant de réticence qu'aurait pu éprouver un cheval devant l'orage.

Accordant un regard aimable à la petite servante qui l'accompagnait, elle lui fit signe de les suivre de sa main gantée, avant de commencer à se diriger, à tout petits pas, vers la rivière.
Doucement, son insouciance naturelle refluait, en même temps que sa nature enjouée d'enfant gâtée. En réalité, quoi de plus naturel que cette situation ? Elle se promenait avec son cousin, un chaperon dans leur dos... nul n'y trouverait à redire ! Et tant pis si cette petite paysanne de rien-du-tout faisait la tête. Après tout, elle aurait plutôt dû sentir flattée de faire partie d'un cercle aussi brillant que le leur.
Cependant, il restait un petit problème. Où était passée sa suivante ? Et sa voiture ? Sûrement en train de chercher du secours, même si elle n'en avait plus besoin. Bah ! Elle en avait trouvé, voilà tout ce qui comptait – avec son propre plaisir, évidemment. Sa duègne n'aurait qu'à la rejoindre plus tard. Il fallait cependant qu'elle se surveille : son identité ne devait pas être mise en doute et devait donc rester crédible. Elle en ressentit un long frisson d'excitation, perdant brièvement de vue toute notion de danger pour n'éprouver que la sensation extraordinaire de se retrouver dans la peau d'une aventurière de roman.
C'était si amusant de se rendre compte que votre interlocuteur ne vous reconnaissait pas !

La princesse décocha un ravissant sourire d'enfant à son compagnon, puis se mit à babiller dans un allemand châtié, rempli de gaieté et d'assurance, tandis que sa main droite s'employait maladroitement à remettre sa coiffure en place.


- "Je vous remercie de m'avoir aidé, Herr Von Absbourg. Je ne m'étais pas rendue compte de que j'étais en face de vous, tout à l'heure... J'ai eu un malaise, je crois. Mais dites-moi, que nous vaut le bienheureux hasard de votre rencontre ? Vous deviez être en route pour vous rendre au monastère ? Les moines y sont, parait-il, très accueillants. Je suppose qu'ils vont se déplacer pour nous donner des cours. Comme c'est étrange, prendre des leçons en groupe !"

La conversation avait essoufflée notre jeune dame, qui se retrouva bientôt avec des joues fort rouges et une respiration haletante. Heureusement le bord de l'eau n'était plus loin, et la jeune fille s'occupa de posa son châle sur l'herbe, pour ne pas tacher sa robe claire. Déjà qu'elle se ferait vertement gronder par sa dame de compagnie – si en plus elle revenait avec une robe digne de celle d'une chiffonnière, la remontrance n'en serait que plus sévère.


- "Lesquels avez-vous choisi, Herr Von Habsbourg ? Je trouve qu'il manque une bibliothèque plus fournie au château. Je ne sais pas combien de temps je vais rester, mais... Mais je trouve que la lecture est bien plus vivifiant que la broderie. Qu'en pensez-vous ? Que faites-vous pour passer le temps ?"

Elle se mit à rire faiblement, les yeux brillants. Ah, elle était bien trop bavarde. Mais qu'importait ! La vie reprenait enfin ses droits.
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Anselme von Habsbourg

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MessageSujet: Re: Belle campagne ensoleillée !    Ven 25 Mar - 23:07

    Ils avaient fait quelques pas dans l’herbe et étaient déjà en vue des flots paisibles de la rivière. Une impression de calme et de sérénité se dégageait de la vue qui s’offrait à eux. Une impression trompeuse en réalité, car la rivière était traîtresse et nombreux étaient ceux qui s’étaient déjà laissé prendre à ses pièges. Quels tourbillons ? Quels courants violents et dangereux se cachaient donc sous cette paisible illusion ? Mais là n’étaient pas la préoccupation première des jeunes gens qui se promenait sur la rive.
    Le prince avait proposé son bras à la jeune femme, autant par galanterie que pour la soutenir. Elle avait l’air encore si faible, la pauvre enfant. Son visage rond et encore juvénile était doux et harmonieux. Une belle jeune fille, qui plus est avec de jolies et fines chevilles, sans doute un bon parti pour quiconque souhaitait se trouver une gentille fiancée. Un bon parti, mais pas assez pour sa famille, il va de soi. De toutes façons, il ne lui appartenait pas de faire le choix de sa future épouse. Peut être serait ce une française issue de la lignée napoléonienne ? Ou alors une anglaise… Qui sait, peut être même une prussienne ? Quoique l’idée d’une prussienne pour épouse ne l’enchante guère, il ne put réprimer un sourire.

    « Mmmmh.. Je ne me rendais pas au monastère en fait. J’étais juste sorti profiter de cette belle journée et pour ne rien vous cacher : assouvir mon envie de dessiner. »
    Il sourit pour lui-même, s’intéressant soudainement à ses pieds. Il n’aurait pas été de bon ton de trébucher sur un racine inopportune.

    « Mais j’avoue qu’à l’occasion, je m’y rendrait sans doute. Le monastère me semble ancien et ils doivent bien connaître l’histoire de cette région… »
    Il la laissa s’installer bien à son aise sur l’herbe grasse et verte. L’aidant même à disposer son châle afin qu’elle ne salisse pas sa belle robe claire, avant de s’asseoir non loin. Il avait oublié la présence de la jeune enfant du village qui les accompagnait, se concentrant sur la personne à côté de lui. Elle avait une nette tendance à s’essouffler rapidement. Peut être était elle de ces coquettes qui sert trop sur leur corsage afin de paraître la plus fine et plus désirable possible ? Pourtant elle n’avait pas l’air d’une de ces courtisanes de bal prêtent à tous les sacrifices pour remporter la main de l’homme le plus fortuné et influent de la soirée.

    « Plait il ? Oh j’hésite encore entre plusieurs matières à vrai dire. Sinon, pour ce qui est de votre avis sur la broderie et la lecture, je vous crois volontiers car je n’ai aucune expérience dans la première matière… » Il lui adressa un grand sourire servant à ponctuer sa réplique, puis reprit sur un air faussement sérieux. « Quoi que je ne désespère pas qu’un jour on me montre les bases de la broderie, auquel cas j’envisagerai peut être de m’y essayait. Sinon, pour passer le temps qui m’est accordé pour rester oisif, je m’emplois à dessiner, à lire ou encore à jouer un peu de musique bien que je sois affreusement médiocre. Et vous ? Que faites vous de votre temps libre ? Hormis broder et lire s’entend… »

    Banalités échangées, un moyen comme un autre d’en apprendre un peu plus sur sa camarade et de passer le temps. Il se souvient tout à coup d’une petite chose apprise étant enfant ; il pris un brin d’herbe et le cala entre ses mains avant de souffler dedans afin de faire naître le son d’une note. Petit plaisir d’une enfance maintenant révolue…
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